Guy Berthault : un modèle et un ami

Par Thomas SeilerRevue n°114Science, Géologie, Hommage
Guy Berthault : un modèle et un ami

J'ai connu Guy Berthault lors de plusieurs congrès et j'ai découvert en lui un homme qui professait ouvertement sa foi catholique profonde. « Je suis fatimiste ! », a-t-il déclaré un jour devant un large public. À l'instar des scientifiques croyants d'autrefois, sa méthode de travail reposait résolument sur des données mesurables et observables, et ses exposés étaient très précis et objectifs, exempts de polémique ou d'attaques personnelles contre ses adversaires, qui n’étaient certainement pas peu nombreux. Il était toujours aimable et présentait ses résultats avec beaucoup de sobriété et d’humilité. Car, contrairement à la pertinence réelle de ses travaux révolutionnaires, le ton de ses exposés aurait parfois pu donner l’impression qu’il parlait de quelque chose de tout à fait banal et évident.

Guy a brisé un paradigme, toute une vision du monde. Nous avons été élevés avec l’idée de voir dans les formations rocheuses la preuve irréfutable d’une histoire de la Terre vieille de plusieurs millions d’années, y compris les fossiles qu’elles contiennent. Ses expériences ont démontré avec une simplicité impressionnante que de telles couches sédimentaires peuvent se former en quelques jours, lorsque l’eau n’est pas stagnante mais, comme c’est souvent le cas lors d’inondations, lorsqu’elle se déplace rapidement. Cela explique pourquoi on trouve, dans de nombreux fossiles supposés vieux de plusieurs millions d’années, des quantités significatives de Carbone 14, des tissus mous, des vaisseaux sanguins intacts, de l’ADN séquencable et des protéines qui auraient dû se décomposer depuis longtemps.

Et surtout : pourquoi les couches sédimentaires présentent-elles un parallélisme quasi parfait et pratiquement aucune érosion entre les différentes couches ? Car si l’on observe la couche supérieure de nombreuses formations sédimentaires, celle qui a été érodée et structurée de manière irrégulière depuis des années par le vent et les intempéries, on constate aisément qu’une nouvelle inondation ne pourrait pas ajouter une couche parallèle à celles situées en-dessous. Cette contradiction entre l'observation et la théorie géologique standard a été soulignée en 2015 dans le journale Geology , qui rapportait que 84 % de la surface terrestre est érodée [1] . C'est pourquoi elle a remis en question la phrase clé de Charles Lyell, fondateur de la géologie moderne: « le présent est la clé du passé? » Par « présent », Lyell entendait les processus naturels actuels se déroulant très lentement, en particulier le dépôt de sédiments minimes dans des eaux stagnantes. C'est pourquoi la réponse doit être : « Non, le présent n'est pas la clé du passé ! » Cette théorie est désormais dépassée et inutilisable. Mais si par « présent » nous entendons les connaissances scientifiques actuelles, alors nous devons dire : « Oui, les résultats de la recherche actuelle, à savoir ceux de Guy Berthault, sont la clé du passé. » Car le mécanisme de sédimentation qu’il a découvert, explique toutes les observations sans contradiction et confirme : la Terre est jeune.

Guy est désormais rentré auprès de son Créateur, dont il a proclamé les œuvres, et je suis reconnaissant à Dieu d’avoir pu le connaître et ainsi l’avoir eu comme ami et comme modèle.

Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)

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