L’harmonie de la Création

Par Dr Jean-Maurice ClercqRevue n°24Merveilles de la création
L’harmonie de la Création

Résumé : La nature entière est porteuse d’une harmonie intrinsèque, quelque soit le niveau de la création et de son règne, minéral, végétal ou animal. Les rapports particuliers entre l’homme et le reste de la création, par l’observation, sont source de thérapeutiques. Les formes et proportions du règne animal et végétal relèvent d’une harmonie régie par des lois mathématiques extrêmement précises et par le nombre d’or. Ce rapport arithmétique se retrouve dans les proportions des êtres vivants, en particulier chez l’homme. Elle se retrouve aussi dans les diverses formes d’art depuis l’aube de l’humanité.

La perfection ne peut pas se supposer sans harmonie, puisque l’harmonie réside dans l’équilibre de toute chose en tous ses rapports, internes dans ses structures, comme externes avec l’environnement. La Création est l’oeuvre de Dieu.

Par nature, Dieu est parfait. La création entière porte donc naturellement et intrinsèquement en elle les traces de la perfection divine. S’il n’en était pas ainsi, le monde s’effondrerait de lui‑même puisque les lois internes qui le régiraient deviendraient par nature incohérente.

Le monde se trouve régi par des lois physico‑chimiques relevant des mathématiques et que nous commençons à retrouver (mécanique, thermodynamique, etc.).

Mais qu’en est‑il de celui de la vie ? Nous savons que le cycle de la vie à la mort s’organise d’une manière merveilleuse avec toute la bio‑dynamie nécessaire de la chaîne alimentaire. Le règne du vivant se régit selon ses lois propre ; les instincts animaux sont orientés pour la survie et la reproduction des espèces.

Des guêpes maçonnes confectionnent invariablement le même nid de terre sans savoir ce qu’elles font : elles termineront leur nid, même si l’on a détruit partiellement leur ouvrage, ce qui prouve que l’instinct est aveugle et s’impose à l’animal en dehors de tout acquis.

Il en est de même pour les abeilles qui réalisent à la perfection des alvéoles en cire selon la géométrie la plus économe tant en espèce qu’en matière : les angulations sont parfaites et il a fallu attendre que le physicien Réaumur au XVIIème siècle en retrouve les lois trigonométriques pour le comprendre1.

Hahnemann, le fondateur de l’homéopathie avait compris cela: le monde à son équilibre représente une perfection de la création avec l’homme en son centre, en harmonie avec cette création. L’introduction du « péché originel », selon Hahnemann, s’est produite parce que l’homme avait refusé sa place au centre du système. Seul, l’homme fut affecté par cette perte d’harmonie et fut donc affligé par la maladie. Il fallait donc découvrir les lois qui permettraient de retrouver dans la nature la part d’harmonie perdue et qui lui permettrait de se guérir. Ainsi se pose la dialectique homéopathique fondée par Hahnemann et que l’on n’ose plus évoquer à cause de sa connotation chrétienne.

Les homéopathes, qui pour la plus part ignorent ce fondement de leur art, reconnaissent cette harmonie inhérente à la nature : les « remèdes » en teinture concentrée ont en quelque sorte un comportement analogue aux symptômes qu’ils guérissent une fois portés à hautes dilutions. L’enfant relevant du remède « lycopodium », le lycopode, à l’image de cette mousse ne grandit que très lentement quand d’un seul coup, il va tout rattraper à la puberté. La seiche, « sepia » possède un comportement (introversion agressive et active) semblable aux troubles psychologiques qu’elle guérit. Les remèdes homéopathiques marins (sepia, natrum muriaticum‑ c’est à dire le sel marin‑) soignent et guérissent les troubles provoqués par un séjour en ambiance marine.

Le sel de mer absorbant l’humidité soignera des troubles chez les personnes qui par ailleurs ont des sécrétions importantes (salives, transpiration, règles et hypersécrétions diverses), tandis que la seiche, vivant en milieu marin n’a pas besoin de sécrétion (c’est donc une « seiche qui est sèche ») ; elle soignera toutes les pathologies provoquées par la diminution des sécrétions diverses, telles que : absence de transpiration, règles pauvres, etc.

On peut aussi parler de « lac felinum », le lait de chat, pour les malades ayant des comportements « félin », autant dans les goûts que les aversions (lait, poisson, papier), l’indépendance et la solitude, l’excessive propreté, etc.

On pourrait aussi passer aux métaux: l’or, le platine, pour les personnes ayant un goût développé pour tous ce qui est rutilant et voyant, en particulier dans l’habillement et les bijoux.

Déjà les anciens avaient observé cette relation harmonieuse entre l’homme et la nature : l’analogie de forme et des couleurs des plantes. La forme correspond souvent à la typologie de l’individu, la couleur avec la couleur du visage ou des sécrétions : tout ce qui est « jaune » est en rapport avec la sécrétion biliaire, etc.), leur lieu de croissance (chaud, froid, sec, humide pour les troubles provoqués par la chaleur, le froid, la sécheresse et l’humidité) et aussi aux tendances psychologiques, ce qui est moins évident.

Cette observation se trouve confirmée par une technique d’analyse du sérum sanguin assez sophistiquée ( méthode enseignée par le CEIA).

A partir de la floculation du sérum sanguin d’un patient, différents tests qualitatifs (environ 40) sont effectués et classés selon une courbe de Gauss. Un ordinateur compare la courbe ainsi obtenue avec les quelques 3000 qu’il possède en mémoire selon des expérimentations «pathogénésiques», et détermine par comparaison le traitement phytothérapeutique. Le traitement fait resserrer la courbe et, selon les résultats obtenus, obtiendra la guérison ou nécessitera une poursuite après étude de la nouvelle courbe.

On a ainsi remarqué2 que le diabète d’origine psychologique soigné par « chelidonium », la chélidoine (dont le nom vient du grec « cheilidos » ou hirondelle), concerne des personnes qui souffrent profondément du mal du pays (émigrés, exilés), de même  « juniperus» (traduction littéral du latin : enfant perdu) ou genévrier pour tous ceux qui ont subi une séparation familiale déchirante (le gin, plus que le wiskhy, était la boisson des militaires anglais en Afrique ou aux Indes, séparés de leur famille, le genièvre celle des navigateur hollandais ou britanniques … ). On pourrait ainsi passer au gui, la potion magique des gaulois (« l’unificateur sous la même autorité ») la fougère royale pour celui qui se prend pour le roi, le polypode commun pour celui qui met les pieds partout, le lierre terrestre (ou gléchome, autrefois remède de l’aliénation mentale aux biens matériels) pour celui qui est excessivement attaché aux choses matérielles, la calamintha grandiflora (que l’on peut traduire par calamité à grande fleur ou grande calamité) concerne ceux qui ont eut à souffrir de leur belle‑mère, etc.

Il y a une relation d’harmonie entre l’homme et la nature. Mais le développement de l’homme, comme celui du monde du vivant, végétal et animal, se façonne selon une harmonie propre à chaque espèce. Et relevant d’une loi mathématique bien précise : la suite harmonique (dite de Fibonacci, mathématicien italien du XIIIème siècle). Chaque chiffre de cette suite harmonique se compose du total des deux nombres qui le précèdent, en commençant la suite par le chiffre l :

0+1=1 ; 1+1=2 ; 2+1=3 ; 3+2=5 ; 5+3=8 ; 8+5=13 ; 13+8=21 ; 21+13=34 ; puis 55,  89, 144, etc.

Au fur et à mesure que les nombres croissent, les rapports successifs tendent vers le nombre d’or:

t = 1,618 ou encore : t = (1 + Ö5)/2

Ce rapport se retrouve dans les volumes et les proportions à tous les niveaux de la création: harmonie d’un paysage, harmonie des organes du vivant. Chez l’homme, les différentes parties de son corps se découpent suivant cette proportion, son visage en particulier, aussi bien dans sa largeur que dans ses dimensions verticales. On peut pousser la recherche jusque dans l’harmonie des mouvements et même dans l’amplitude des mouvements fonctionnels.

Ainsi, par exemple, ce nombre d’or se retrouve dans l’amplitude d’ouverture et de fermeture de la bouche par rapport à la hauteur de l’étage inférieur du visage.3

En fait, ce rapport harmonique se trouve omniprésent et régit à différents niveaux toute la morphogénèse de la nature vivante entière (animale et végétale). Cela s’observe d’une manière extraordinaire dans toute l’architecture végétale sous différentes formes, que les feuilles apparaissent une à une (mode spiralé) ou groupées (mode verticilé). Ainsi, la distribution classiques des feuilles, des pétales autour d’un axe s’effectue selon l’angle d’or :

360°/(1+t) = 1137°5

Cet angle d’or régit également la distribution des «parastiches» . Les parastiches sont ces spirales parallèles sur lesquelles s’inscrivent l’enroulement des pétales ou des graines. Dans le cas des pétales de pomme de pin ou des graines de tournesol, de l’ananas, des palmiers par exemple, l’architecture des parastiches devient complexe, puisque l’une se dessine dans le sens des aiguilles d’une montre, la suivante en sens inverse, etc. L’enroulement des spires des escargots, des nautiles, des ammonites, des coquillages répond aux mêmes critères.

Mais l’harmonie du règne végétal, que l’on commence à découvrir, se révèle bien plus profonde que l’on ne pense.

Ainsi, l’échange d’informations circulant dans les cellules d’une plante, par exemple sur les conditions d’ensoleillement, de sécheresse, s’effectue à l’aide de protéines en vue de stimuler sa croissance ou de la modifier pour l’adapter à une condition climatique temporaire (sécheresse, accélération ou ralentissement de la croissance ou de la mise à fleurs ou à fruits ).

Ces protéines émettent une onde harmonique complexe qui informe toutes les cellules de la plantes. Les fréquences en sont maintenant connues4.

Dans le système génétique5, nous découvrons dans l’architecture de l’ADN que les séquences s’auto ‑ organisent selon des structures numériques contrôlées par la proportion des nombres de la série de Fibonacci. Cette règle est valable pour tous les règnes du vivant. La double spire d’ADN, qui recèle les informations caractérisant un être vivant, se trouve ainsi sous la séquence harmonique du nombre d’or6.

Ce rapport mathématique était connu depuis l’aube de l’humanité, puisque les silex bifaces les plus anciens sont taillés (longueur / plus grande largeur) selon ce rapport7.

L’antiquité a construit selon les proportions de la règle d’or : des édifices égyptiens, grecs, romains, en passant par lAsie et l’Amérique centrale. Il en est de même pour les. architectures traditionnelles et populaires.

L’homme primitif a certainement découvert en premier l’harmonie des sons de la nature : le vent, le chant des oiseaux, les cris des animaux. La voix fut son premier instrument, ses cordes vocales qu’il pouvait moduler lui donnaient toute une harmonique sonore qui fut développée par le chant choral. Le son pur ne possède par lui même aucune harmonique, aussi l’homme inventa‑t‑il des instrument qui développent leurs propres harmoniques (sonorité) pour une seule note obtenue par vibration (corde pincée ou frottée, vibration de l’air dans un corps creux, flûte, orgue, instruments à vent, etc.). Il se trouva alors devant la nécessité de retrouver à l’oreille les rapports harmoniques* entre les « notes » avant de trouver l’écriture musicale et tous les rapports des notes entre elles et dans les accompagnements et les contre‑chants. La durée des notes entre elles sont aussi l’objet de rapports harmoniques, d’où la longueur des portée musicales. Mozart affirmait « ma musique n’est pas vulgaire parce qu’elle est harmonieuse ». Sa musique, comme le grégorien et d’autres musiques utilisées en « musicothérapie », se sert de la propriété apaisante qu’ont les champs vibratoires harmoniques sur 1’homme.

La couleur est une vibration lumineuse qui agit de la même manière, son harmonie calme, sa dysharmonie excite. Ses lois n’ont pas encore été sérieusement étudiées sous l’angle artistique. En effet, les peintres, de tout temps et tous lieux, en commençant par les peintures pariétales préhistoriques, ont toujours eu le souci, non seulement d’harmoniser la forme du sujet représenté selon le nombre d’or, mais le rapport des couleurs entre elles, par l’observation de la nature8.

Les toiles des peintres reprennent en général cette proportion, pour la taille du chassis. La composition d’un tableau se trouve régie­ par la même règle, pour le positionnement du centre du sujet peint, pour la répartitions des masses, des formes et des couleurs. Si les oppositions sont permises, ce sera toujours en tenant compte de cette règle de composition. L’art dit moderne exprime une rupture totale avec les règles de composition régies par le nombre d’or, quelle que soit la matière (peinture, sculpture, musique, poésie, etc.)

La règle harmonique du nombre d’or est donc une loi qui commande à toute la nature. Elle a été mise en place par le Créateur. De même que l’homme a été créé à l’image de Dieu, la création toute entière se trouve dans sa nature matérielle être à sa manière aussi à l’image de Dieu. C’est ainsi que nous interprétons cette loi d’harmonie et que la trinité se situe au début de cette suite harmonique en ayant retranché le zéro (le néant), car Dieu est de toute éternité (donc le chiffre zéro n’existe pas). Le Père est premier en toute chose (chiffre 1) et son Verbe, le Fils est la deuxième personne de la Trinité (chiffre 2 : 1 + 1 = 2), l’amour du Père envers le Fils engendre l’Esprit, la troisième personne de la Trinité (2 + 1 = 3). Nous retrouvons ainsi le début de la suite harmonique.

Depuis le péché originel l’homme veut se rendre égal au Créateur. Son orgueil le pousse à plier la nature à de nouvelles créations par les manipulations génétiques : une folie dont la sagesse est exclue en rompant l’harmonie que Dieu a mise dans la structure la plus intime du vivant.

Nous sommes loin des domaines de la sélection des plantes par hybridation, nous sommes dans la manipulation de la structure même de la vie9.

Les arts sont aussi le reflet de cette tendances depuis plusieurs décennies : toutes les lois d’harmonie artistique (dans les domaines de la peinture, de la sculpture, de la décoration, de la musique, de la danse, de l’architecture, de la mode vestimentaire etc.) ont été rejetées.

La perversion ne date pas d’aujourd’hui, mais ce sont les nouvelles découvertes qui donnent les possibilités d’agir sur le vivant au plus intime de sa reproduction.

Il y a là certainement un effet pervers de l’orgueil humain, d’ordre diabolique. Ne cherche‑t‑il pas à recréer le monde ordonné selon une finalité divine, pour le refaire à son image, en l’ordonnant à son propre égoïsme ? Nous vivons les conséquences du péché originel. Qu’en sera‑t‑il d’un monde qui s’ordonne selon les instincts mercantiles et dominateurs de la folie humaine ?

Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)

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