In memoriam Claude ROUSSEAU (1936-2025)

Par Le CEPRevue n°112In memoriam, Biographie, Philosophie, Société
In memoriam Claude ROUSSEAU (1936-2025)

En avril dernier, le Pr Claude Rousseau nous quittait pour l’autre monde. Né en 1936 à Morlaix, licencié ès lettres classiques en 1961 puis agrégé de philosophie en 1964, il fut Assistant puis Maître de Conférences à la Sorbonne (Paris IV) où il demeura toute sa carrière. Spécialiste de philosophie morale et politique, il s’intéressait plus particulièrement au socialisme et à la démocratie chrétienne en tant que manifestations de la déspiritualisation des sociétés occidentales, publiant de nombreux travaux soit dans le cadre universitaire, soit dans des livres ou des publications comme Item, La Pensée Catholique, La Légitimité, Réaction, Certitudes, etc.

Chercheur de vérité, il était passé du marxisme à un catholicisme intransigeant dans lequel devait le rejoindre plus tard son inséparable confrère et ami, Claude Polin 1. Au sortir des amphis, il avait souci d’éclairer aussi les simples, avec le courage de dire tout haut et de confier à l’encre d’imprimerie ce que beaucoup ressentent sans savoir l’exprimer. C’est ainsi qu’il fut condamné à payer une amende dissuasive pour avoir utilisé dans un modeste bulletin paroissial l'expression classique de « péril jaune » ! Quand on sait son goût pour les voyages exotiques, partout sur le globe, l’accuser de « xénophobie » prêterait à sourire si elle ne marquait l’étroitesse d’esprit, du moins sur certains sujets, chez plusieurs de nos magistrats.

Parmi ses livres disponibles, signalons particulièrement, écrits en collaboration avec Claude Polin, La Cité dénaturée et Les Illusions de l’Occident.

Sa contribution au CEP fut double. De nombreuses conférences à nos colloques, ainsi La Cité dénaturée (Montligeon, 1998), Le droit au bonheur ou la grande illusion de l’Occident (Montligeon, 1999), Le mercantilisme a-t-il vaincu le Galiléen ? (Paris, 2001), Les conditions d’existence d’une Cité durable (Orsay, 2008) et La politique du Paradis terrestre (Nevers, 2011) ; des articles dans la revue : Le rapport de la Montagne de Fer (Commentaire philosophique) dans Le Cep nos 41 (2007) et 42 (2008), La crise : sa cause profonde (n° 48, 2009).

Mais sa grande lucidité ne pouvait éteindre en lui la flamme de l’espérance chrétienne et il aura sans doute mérité de dire, avec l’Ecclésiastique, le plus philosophe des hagiographes : « J’ai cherché ardemment le bien, je ne serai pas confondu » (Sir 51, 18).

Requiscat in pace.

Le remarquable article qui va suivre témoignera de notre reconnaissance comme de la lucidité prémonitoire de son auteur, puisqu’il fut écrit il y a vingt ans.

Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)

Voir l'article sur le site