In Memoriam Éric DAVOUST (1960-2024)
Résumé : « Il a plu à Dieu qu'on ne pût faire aucun bien aux hommes qu'en les aimant » (P. Jean-Léon Le Prevost).
La création artistique est exigeante, telle fut l'une des idées directrices auxquelles s'identifia Eric Davoust. Pianiste et enseignant, musicologue, mais surtout artiste au sens le plus fort, ce mot qualifiant non seulement sa profession (qu'il vivait comme une vocation) mais son être même. Après avoir enseigné dans une université en Allemagne, il s'était installé à Reims où il donnait des cours au Conservatoire, et fut directeur de l'École de musique d'Épernay. Il vivait donc au contact quotidien de « l'art » institutionnel, cette caricature omniprésente qui, pour notre malheur, occupe l'espace public. Comment éduquer à l'harmonie, au beau, au spirituel, dans un univers où le sens de la gratuité, de la noblesse et de la sainteté sont terra incognita ? « Le drame de l'Art moderne s'appelle l'athéisme », écrivait-il en 2008 dans un article pour Le Cep n°43.
On ne pouvait que plaindre, à défaut de pouvoir le comprendre intimement, ce martyre qu'il dut endurer pour rester lui-même tout au long de sa carrière. Maintenant, le combat s'est achevé. Il peut désormais rejoindre sa chère épouse, un point d'orgue splendide étant apporté in extremis à son périple terrestre par une liturgie de funérailles résumant tout ce pourquoi il avait vécu : les hautes voûtes romanes de la basilique Saint-Remi où furent couronnés trois rois de France ; l'orgue depuis peu restauré ; le rite latin traditionnel qui l'avait conquis dès qu'il le découvrit, un certain 15 août, en Bretagne ; une chorale angélique ; une famille unie au milieu d'amis tous frappés par ce départ précoce.
Éric Davoust était intervenu à trois reprises à nos colloques : à Chevilly-Larue en 2006 (« Démystifier l'Art moderne »), à Bonnelles en 2007 (« L'art rendu à sa mission ») et à Orsay en 2014 (« L'art peut-il ne pas être chrétien ? »). Que ses nombreux enfants et petits-enfants sachent que nous n'oublions pas ce qu'il a su nous transmettre avec la force calme, souriante et douce qui était sienne. R.I.P.
Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)
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