IN MEMORIAM Marie-Christine CERUTI-CENDRIER (1946-2024)

Par CEPRevue n°107Société
IN MEMORIAM Marie-Christine CERUTI-CENDRIER (1946-2024)

Élève de Claude Tresmontant lors de ses études de philosophie en Sorbonne, Marie-Christine CERUTI-CENDRIER s'intéressa tout naturellement à l'historicité des Évangiles et, plus largement, à l'apologétique, la démonstration de l'existence de Dieu par le seul usage de notre raison. Son premier livre, Les Évangiles sont des reportages, n'en déplaise à certains (Téqui, 1997), rend bien compte de cette démarche qui la mit en opposition avec les thèses aventureuses de l'exégèse contemporaine, à savoir : rédaction tardive des Évangiles, donc impossibilité de connaître les paroles vraiment prononcées par Jésus, donc importance de bien connaître le milieu sociologique où il intervenait afin de reconstituer l'intention qui a présidé à ses discours et ainsi la teneur et la portée du message évangélique.

Ayant épousé un diplomate italien, elle eut aussi l'occasion de connaître de près des sociétés très différentes de l'Occident moderne et découvrit ainsi la valeur objective du beau, écho profond d'une nature humaine universelle. On se reportera au court et percutant article donné dans Le Cep n° 84, L'Évangile et le Beau. Signalons aussi, toujours dans Le Cep n° 76, son article sur le cas de Gemma Di Giorgi : Les aveugles voient, sorte de miracle absolu, puisque la vision chez la miraculée se produit sans qu'elle ait retrouvé l'organe qui la permet, la pupille. Après une première conférence donnée au colloque du CEP à Goult, en 1999, elle nous en donna une autre en 2013, au colloque de Nevers, sur le thème de l'historicité des Évangiles.

On lira avec profit cet autre ouvrage de l'auteur : Les vrais Rationalistes sont les chrétiens (DMM, 2012, cf. Le Cep n° 62, p. 52-54). Dans ce livre, on retrouvera avec plaisir les grandes idées sur l'athéisme de Claude Tresmontant, notamment cette bonne formule : « Si seulement le monde n'existait pas, en effet, l'athéisme serait plus facile à penser » (p. 158).

Si bien qu'il n'y eut rien d'extraordinaire à ce que l'Institut de théologie de l'Université européenne des sciences humaines, devenu par la suite l'Institut de théologie (en France on dirait Faculté de théologie) de l'université de Minsk, lui ait demandé d'enseigner, lorsque son mari fut nommé ambassadeur en Biélorussie. Elle en rendit compte dans Le Cep n° 75 (« Les "démythisateurs" sont toujours là », p. 57).

Tout naturellement, Claude Tresmontant l'avait intéressée à l'hébreu biblique et elle comprit l'importance des travaux de l'abbé Carmignac, le fondateur de la Revue de Qumrân, dont les archives conservées à l'Institut catholique de Paris, à son décès, avaient été interdites de consultation pour 30 ans. Dans ce cadre, elle adhéra à l'Association Jean Carmignac fondée par François-Xavier de Guibert, dont elle devint Présidente. Habitant Rome, elle sut faire profiter les lecteurs des Nouvelles de l'Association Jean Carmignac de nombreuses découvertes opérées en archéologie dont elle prenait connaissance.

Que son époux et ses enfants veuillent bien trouver ici le témoignage de notre reconnaissance pour cette vie d'une chrétienne intrépide.

Requiscat in pace

Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)

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