In memoriam : Pierre RABISCHONG (1932-2025)
[IMAGE] (Pierre Rabischong avec l'implant qui a fait marcher Marc Merger en 1999)[1]
Un membre éminent du conseil scientifique du CEP nous a quittés. Enseignant-chercheur en anatomie à Lausanne puis à Montpellier, Pierre Rabischong, ancien doyen de la Faculté de médecine de Montpellier, était entré dans notre paysage par un chapitre qu'il avait signé dans le Traité de chirurgie de la main dirigé par Raoul Tubiana, pages dont le Docteur Jean-Maurice Clercq vit aussitôt l'intérêt.
Ce chapitre s'intitulait Phylogénie de la Main. Selon les codes du langage savant, avec l'emploi du mot-clé « phylogénie », l'article devait donc expliquer comment la main du singe était devenue la main humaine. Mais, à la lecture, on découvrait tout à l'inverse l'impossibilité anatomique d'une telle transformation.
Pierre Rabischong avait pu créer à Montpellier l'unité de recherche 103 de l'Inserm spécialisée dans la biomécanique et le handicap moteur[3]. Il fut ainsi le coordinateur du projet européen SUAW, « Lève-toi et marche ». Et lorsqu'il vit, au contact des ingénieurs, la quantité de matière grise que réclamait la mise au point d'une modeste prothèse, bien inférieure à l'organe qu'elle tente de remplacer, il comprit que tout, dans le monde vivant, requérait l'action d'un Constructeur supérieurement intelligent.
Dès lors, il cessa de croire à la thèse évolutionniste et assuma ce choix réfléchi, quitte à affronter à l'occasion un groupe d'étudiants haineux rameuté par un enseignant que cette conviction dérangeait. À ce courage intellectuel, il faut ajouter sa manière discrète, mais rare chez ceux qui sont parvenus au faîte des honneurs académiques, de ne pas taire ses convictions religieuses. D'autres ont su retracer en détail sa carrière universitaire, mais signalons ici une conférence donnée au colloque du CEP, le 11 septembre 2004 à Chevilly-Larue, sur « Les bases scientifiques du Programmisme », et trois articles publiés dans la revue Le Cep : « Le Moustique » (n° 25, octobre 2003), « Le contrôle moteur » (n° 42, janvier 2008) et « À propos des soi-disant ratés de construction chez l'homme » (n° 61, octobre 2012).
Grâce à ses contacts italiens, une journée de conférences critiques sur l'évolution se tint le 3 novembre 2008 à l'université de la Sapienza, qui déboucha en février 2009 sur un symposium organisé, cette fois, à l'initiative du Centre National des Recherches, à Rome. Dans la foulée, en septembre 2009 eut lieu en Allemagne un congrès international de trois jours. Par ailleurs, les 5 et 6 décembre 2008, accompagné notamment de Guy Berthault, il avait participé au colloque universitaire Origine, Ordre et Intelligence, la Science et la Foi, organisé par la Faculté Libre de Théologie réformée d'Aix-en-Provence.
Signalons aussi son livre Le Programme Homme, en 2003, qui nous semble être le seul ouvrage antiévolutionniste publié depuis un demi-siècle par les Presses Universitaires de France. Il y écrivait, dans l'Avant-propos : « Le bonheur peut être simple, si on ne place pas la barre trop haut et qu'on sait regarder une coccinelle jouer sur un brin d'herbe... »
Dans ses présentations, il impressionnait par la clarté et la précision de son langage et la qualité des images projetées, soucieux avant tout de bien faire passer le message. Il faut encore mentionner sa participation à une opération qui ne se rencontre jamais en France : une confrontation sur deux jours, à l'initiative du regretté Éric Brucker, au Centre de la Préhistoire de Tautavel dirigé par Henri de Lumley, entre scientifiques chrétiens, les uns évolutionnistes, les autres antiévolutionnistes. Sa présence inopinée y ajouta beaucoup.
Pour lui qui avait présidé tant de jurys, que sa bienveillance, sa simplicité, son attention aux personnes, lui soient portées à crédit par le juste Juge. « Ceux qui espèrent en Toi ne seront pas confondus » (Ps 25, 3). R.I.P.
Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)
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