Je suis CARBONE, ou Nécessité d’un florilège carbonique

Par Christian DuchêneRevue n°90Merveilles de la création, Science et technique, Écologie
Je suis CARBONE, ou Nécessité d’un florilège carbonique

Résumé : Une vaste campagne politique et médiatique présente le carbone et le gaz carbonique comme autant de menaces pour la survie de l’humanité. Chacun de nous est incité à diminuer son « empreinte carbone ». Sous le couvert de cette mise en scène, une économie virtuelle s’est fabriqué un lucratif marché de « points carbone ». Or le carbone est un corps simple, remarquable à de multiples points de vue, constitutif de la vie ; le CO2 lui aussi participe à cette harmonie générale de l’être vivant et de son environnement. L’Auteur entreprend donc ici un plaidoyer précis et documenté sur les multiples vertus du carbone et de son dioxyde.

Florilège carbonique

Le carbone est l’élément fondamental le plus polyvalent qui soit. Il est en prééminence le pilier de toute vie, une véritable pierre angulaire. Il est le 6e matériau du célèbre Tableau périodique des éléments, cette excellente nomenclature des constituants de l’univers matériel, aussi appelé Tableau de Mendeleïev, du nom de son inventeur Dimitri Robert Mendeleïev de Saint-Pétersbourg1. Imaginez ! ce Russe a publié son célèbre tableau, « bible » de référence pour toutes les sciences, en… mars 1869 ! Le carbone est noir, très noir2. C’est l’élément le plus noir de l’Univers connu et c’est « justement » à partir de cet attribut qu’on a fabriqué l’édifice de la physique moderne.

Dès 18593, Gustav R. Kirchhoff proposa sa théorie du rayonnement thermique et déposa un brevet à cet effet en 1861. Sa théorie des « corps noirs », basée sur le carbone avec sa variante le graphite, fut définitivement admise et ainsi élevée au rang de loi en 1862. Puis, la théorie de la Radiation du Corps Noir s’est consolidée pour devenir la Loi de Plancken 19004. Non seulement les fondements de la physique (alors la reine des sciences) reposent sur cette « théorie », mais aussi tout l’édifice relativiste et même la physique quantique5. Ainsi, le noir, qui n’est selon la thermodynamique moderne qu’une absence de lumière – mais qui au départ n’était qu’une absence d’onde, une sorte de point zéro −, est devenu, depuis Kirchhoff et Planck, la « couleur » ou si vous préférez le ton de référence de toutes les sciences modernes. Le noir du carbone est par conséquent la lumière de la science moderne, nonobstant l’erreur évidente6.

S’il est une chose certaine en science, c’est que cette dernière ne peut exister sans référentiel7 et l’idée que l’on se fait du carbone (et des ondes) est ce référentiel. Mais, posons-nous franchement la question : outre le fait que ce choix soit directement causé par notre vision étroite des choses8, le fait de choisir un référentiel plutôt qu’un autre relèverait-il, lui aussi, d’un pur acte de foi ?

Ce sixième élément est situé entre le bore et l’azote, il est composé de 6 protons, 6 neutrons et 6 électrons9. Sa configuration électronique à « 6 côtés », à la fois simple et complexe, permet la symbiose parfaite de la vie. D’autres appellent cette symbiose « la synthèse de la vie ». Il s’agit d’une question idéologique.

L’on sait depuis des siècles qu’un peu de science éloigne de Dieu, et que beaucoup de science en rapproche.

L’on sait aussique la science sans la religion est totalement aveugle ; alors, n’hésitons pas à creuser ce point.

Le fantastique carbone, associé à l’hydrogène et quelques autres éléments (azote, oxygène, soufre, métaux divers, etc.), permet l’existence d’une quantité phénoménale de substances organiques et inorganiques10 : en fait, des centaines de milliers. Grâce à lui se produit l’irréductible photosynthèse11 : processus bioélectrique mystérieux permettant, à partir du gaz carbonique (CO2), de fabriquer l’alimentation nécessaire à la vie des végétaux terrestres et aquatiques ; qui sont à la base de toute l’alimentation animale et humaine. Et malgré son âge ‒ plus de 2,45 milliards d’années selon certains idéologues –, le processus de la photosynthèse est si complexe que toute notre science n’a pu à ce jour le reproduire aussi efficacement que les plantes (et certaines bactéries)12. La photosynthèse, à l’image de l’eau, est réellement un grand mystère (toute personne un tant soit peu instruite sait que l’eau s’évertue à contourner les lois de la physique13).

Il en est de même pour le merveilleux carbone qui possède des propriétés uniques allant du « simple » à l’extrême. Par exemple, combinez l’atome de carbone à deux molécules d’oxygène et il produit le CO2, ce gaz de la vie par excellence qui soutient toute la chaîne alimentaire.14 À l’opposé, enlevez un de ces mêmes atomes d’oxygène au dioxyde de carbone, et notre molécule de vie devient du monoxyde de carbone (CO), un gaz mortel. Il est d’ailleurs fort étrange que le vital CO2 soit souvent confondu avec le CO. Vraiment, on peut donc dire que le carbone et l’oxygène peuvent être combinés de telle sorte qu’ils constituent, à la fois, et le gaz de la vie et le gaz de la mort15

Toujours dans les extrêmes, le carbone, qui n’est pas un métal, mais qui – étrangement – conduit l’électricité, n’est pas un semiconducteur16. Cela mystifie toujours les scientifiques…

Ajoutons à ces vertus le fait que le carbone est l’élément qui a le plus haut degré de « tolérance » à la chaleur. Son point de fusion est fixé à 3 827 degrés Celsius (pour le graphite), soit plus haut que celui du tungstène, qui est à 3 422o 17. Qui n’a pas vu un jour du bois réduit à l’état de charbon (carbone), lorsqu’un poêle à bois, éteint par manque d’oxygène, laisse non consumées ces multiples pépites noires ?

Augmentons cette liste avec le fait que le carbone est le meilleur antipoison connu. En effet, le charbon activé (du carbone pratiquement pur) fut abondamment utilisé jadis18 et l’est encore de nos jours comme l’antipoison par excellence19. Encore plus étrange : tout en étant le corps le plus noir, le carbone, une fois compressé, devient l’élément naturel le plus « lumineux », le diamant20. Oui, le carbone est la molécule de l’extrême, une sorte d’Alpha et d‘Oméga de la matière et de la vie.

Les utilisations du CO2 sont innombrables et vitales21

Comme nous venons de le voir sommairement, une telle polyvalence est sans égale dans le monde des éléments fondamentaux. Aux qualités précitées, il faut ajouter que le CO2 est essentiel pour de multiples procédés (outre l’indispensable et vitale fermentation) : l’agroalimentaire en général : surgélation, conditionnement et refroidissement, broyage, nettoyage (glace sèche), neutralisation et boissons gazeuses (digestif), bières et champagnes inclus.

Abondamment utilisé dans le traitement des métaux, dont l’acier inoxydable, il entre tout aussi massivement dans la production des médicaments ou des mélanges métaboliques. Dans l’eau, c’est un bactéricide doux, en plus de favoriser la digestion. Ajoutons à cela toute la chimie des plastiques, de l’extraction supercritique22, etc. Ironiquement, le CO2 a même sa place… dans les extincteurs d’incendie !

Dans les organismes vivants, le carbone est au centre de la molécule du bicarbonate (NaHCO3). Un mécanisme de rétroaction permet ainsi l’ajustement entre l’acide et l’alcalin pour obtenir un pH vital (grâce aux membranes)… Le bicarbonate permet aussi l’homéostasie essentielle à la survie. Tout cela résulte de l’électrochimie du carbone23.

Tout aussi paradoxalement, le CO2 est essentiel pour arrêter une crise d’hyperventilation24. On l’utilise en faisant respirer25 la victime dans un petit sac en papier brun26.

En effet, chaque fois qu’on expire de l’air, on souffle dans l’environnement environ 4 à 5 % de ce CO2 dont les végétaux sont friands, soit environ 45 000 ppm (parties par millions), donc une quantité 110 fois plus grande que le taux de CO2 atmosphérique27.

Respirer dans un petit sac en papier permet de réabsorber le CO2 expulsé, de rééquilibrer le pH sanguin28 et donc de stopper l’hyperoxie29. Il faut savoir qu’il existe un processus similaire sur terre grâce aux océans qui absorbent le CO230 sans lequel les animaux marins ne pourraient secréter de coquille31 ni les coraux s’édifier32. À haute pression, le CO2 est un caloporteur et donc un stabilisateur33. Parenthèse : on a toujours constaté qu’une augmentation du CO2 atmosphérique était consécutive à un réchauffement préalable34.

En psychologie, des centaines de praticiens utilisent depuis longtemps le CO2 pour aider des patients à calmer leur angoisse et même à arrêter les attaques de paniques. Cette idée lumineuse leur serait venue… des enfants.

En effet, qui ne se souvient pas de s’être, dans son âge tendre, réveillé en sueur avec une respiration rapide, presque haletante, à la suite d’un cauchemar, puis s’être réfugié sous les couvertures pour se protéger des monstres oniriques ? Ce geste instinctif procure aux enfants sécurité et apaisement. La détente qu’ils ressentent alors est produite par l’augmentation de CO2 à environ 1 500 ppm, ce qui les sort rapidement de leur angoisse. Car l’hyperventilation provoque un stress oxydatif (trop d’oxygène) mauvais pour l’organisme et qui peut même occasionner une perte de conscience. L’absorption de CO2 stoppe cette réaction toxique.

Tel que mentionné plus haut, si le gaz de la vie CO2 demeure si mal aimé, c’est aussi qu’il est trop souvent confondu avec le monoxyde de carbone (CO). J’ai d’ailleurs surpris beaucoup de gens, dont des enseignants et un journaliste, en plein délit de ce grave péché scientifique. Mais qu’à cela ne tienne ! Il existe aujourd’hui un confessionnal planétaire où la profession de foi carbonophobe, en crachant au visage du méchant CO2, absout le pénitent… sans pénitence subséquente évidemment : une sorte de renaissance socio-médiatique, si l’on peut dire ! Et tout cela malgré les faits incontestables. En effet, ce gaz est si essentiel qu’il est même utilisé dans les serres, autant expérimentales que productrices, pour stimuler la croissance végétale, à 820 ppm35 environ, donc au double de la teneur atmosphérique actuelle. Dans certaines serres expérimentales, on va jusqu’à 1 200 ppm, soit près du triple du taux actuel de CO2 de l’atmosphère terrestre36.

Les végétaux soumis à 820 ppm de CO2 croissent plus rapidement, sont plus vigoureux, résistent mieux aux parasites et sont moins malades. Est-il utile de dire que les employés qui travaillent quotidiennement dans ces serres n’en subissent aucune conséquence néfaste37

Pour conclure cet éclairage sur le carbone, nous ne répéterons jamais assez que cet élément et son principal composé, le dioxyde de carbone sont les éléments essentiels à toute vie, le substrat de notre incarnation. Nous sommes carbone, oui, mais jamais sans l’eau ni l’électricité, véritable trinité physique. Dans le vaste océan de nos questionnements, on pourrait même dire qu’ils sont un tendre reflet de ce qui est en Haut…


Compléments indispensables :

Les géologues-paléontologues ont « détecté », au temps des sauriens38, des taux atmosphériques de CO2 oscillant entre 1 800 ppm et 3 500 ppm, voire beaucoup plus… Depuis les très hypothétiques 200 derniers millions d’années, on estime que la quantité de CO2 atmosphérique aurait atteint jusqu’à 25 fois la quantité actuelle [cf. Fig. 1 ci-après]. Ainsi, connaissant la fourberie des téléguideurs de carbonophobes, et selon le graphique suivant approuvé depuis des décennies, il ne serait pas surprenant que, bientôt, même la disparition des dinosaures s’expliquât à la lumière du CO2 plutôt qu’en lien avec la tout aussi hypothétique collision du Yucatan il y aurait 65 millions d’années !

Variation du CO2 atmosphérique au cours du temps.

Fig. 1. Variation du CO2 atmosphérique au cours du temps.

Pour ce graphique, notez que l’ordonnée est en %. Ainsi, les 410 ppm actuelles (2019) correspondent à 0.041% de CO2 dans l’atmosphère. (Graphique, 1997, Berner, Science).39

Pour illustrer la quantité de CO2 enregistrée dans l’atmosphère mondiale en 2018 (mesure toujours prise à l’observatoire d’Hawaï, près du volcan Mona Lea), la grille de points suivant [Fig. 2 ci-après] confirme bien l’adage qu’une image vaut mieux que mille mots. Dans cette grille de 70 x 70 points, se trouvent au total 4 900 espaces-points. Deux de ces espaces sont en blancs, et donc manquants : vous les découvrirez en scrutant attentivement la figure. Il y a ainsi 4 898 points noirs sur 4 900 emplacements.

Ainsi, 408 ppm (408 sur 1 million) rapportées sur nos 4 900 points donnent un rapport de 2 / 4 900. Donc, sur 4 900 molécules d’un espace d’un mélange « d’air » terrestre (comportant azote, oxygène, néon, argon, hélium, etc.), seulement deux de ces molécules représentent la proportion de gaz carbonique (CO2) pour ce même volume d’air.

Où se cache le CO2 ?

Fig. 2. Où se cache le CO2 ?

Ces deux « trous » blancs représentent donc les deux molécules de gaz carbonique présentes dans un cube d’air terrestre donné… Avez-vous su les trouver rapidement ?

Mais ce qui est prioritaire à comprendre avec ce graphique est que, si l’on prend en référence le taux de 408 ppm (fin de 2017 et début 2018) et que nous le comparons au taux de CO2 à 660 ppm prédit pour 2090 par le GIEC, nous devons savoir qu’en cette fatidique année 2090 il faudra enlever environ 1,24 de ces 4 998 petits points noirs pour montrer la teneur supplémentaire en CO2 dans l’atmosphère terrestre d’ici 70 ans40.

Le plus important aussi est cette statistique (en ppm) qui permet de grossir artificiellement l’aspect proportionnel, donc émotionnel. En effet, passer de 408 ppm à 660 est beaucoup plus percutant visuellement que de donner le vrai taux réel en %, soit de 0,00408% à 0,00660%. Ainsi, vous venez de découvrir que, par le choix des chiffres, on peut contribuer à modifier votre perception du réel afin de fabriquer une peur irrationnelle.

Les infra-rouges (en orange) traversent l’atmosphère.

Fig. 3. Les infra-rouges (en orange) traversent l’atmosphère.

(Source : https://space.com/8770-record-collapse-earth-upper-atmosphere-puzzles-scientists.html)

Mark Twain avait bien raison : « Il existe 3 formes de mensonge : les gros mensonges, les mensonges et les statistiques. » De cela, concluons que les propriétés caloriques attribuées au CO2 par les sectateurs du GIEC ne sont rien de plus, rien de moins que magiques…

Comme on le voit dans l’image graphique ci-dessus provenant de la NASA, des scientifiques de cet organisme montrent que l’atmosphère terrestre est une véritable passoire à rayonnements infrarouges (sauf les deux fréquences précises citées plus avant en note), comme l’affirment le physicien François Gervais et des milliers d’autres. Ainsi, la loi de la réciprocité en optique (ce qui passe dans un sens passe aussi dans l’autre) est occultée à la population et aux élus par les tenants carbonophobes. Ainsi, les infrarouges qui entrent dans l’atmosphère terrestre peuvent-ils en ressortir sans problème – sauf en présence de nuages, et donc d’eau ; mais dans ce cas les nuages introduisent un puissant albédo, ce qui apporte un refroidissement. Le système se corrige de lui-même par rétroaction.

Par conséquent, l’hypothétique effet de serre provoqué par le CO2 est plus qu’insignifiant. Ainsi les « doubles vitrages énergétiques » que nous achetons pour mieux isoler les fenêtres ne sont pas remplis de CO2 entre les deux parois, mais d’argon (un gaz inerte, pauvre conducteur thermique et surtout non réactif).

L’argon41 n’agit pas à la manière d’une diode photonique, mais à la manière d’un gaz lourd non caloriporteur. Sa conductivité thermique est évidemment faible, à 0,0001772 W·cm-1·K-1 à 27 Co, à pression fixe.

De plus, il est important de savoir que c’est la surface vitrée, dopée d’une fine couche d’oxyde métallique, qui permet un effet photonique infra-rouge de type diode… C’est l’oxyde métallique qui cause l’effet de serre (infrarouge) de ces verres spéciaux.

Note : l’utilisation du CO2 supercritique comme caloriporteur donne une partie de la clef du mystère42. De plus, la conductivité thermique du carbone est de 1,29 w·cm-1·K-1 à 27 C, et celle de l’oxygène est à 0,0002674 w·cm-1·K-1 à 27Co. Pour bien brouiller les cartes, celle du CO2, est introuvable sous cette terminologie. Il est important de bien comprendre la différence entre la capacité de stockage thermique et la capacité de transfert thermique. À ce sujet, le CO2 n’est pas un isolant, il ne bloque pas la chaleur et, donc, ni ne l’emmagasine, ni ne la retient.

Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)

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