L’étonnant comput juif
Résumé : La chronologie biblique, telle qu’on peut la trouver en filigrane dans la Thorah hébraïque, fixe une durée de 4 000 ans entre Adam et le Messie : d’abord 2 000 ans sans la loi, puis 2 000 ans d’Abraham au Messie. Or, les historiens situent Abraham vers 2000 (et David vers l’an mil) avant Jésus-Christ. Comment se fait-il donc que la Synagogue (et la Franc-maçonnerie à sa suite) fixe la Création du monde en 3760 A.C., soit un « escamotage » de 240 années ? La raison, aperçue par Théophile d’Antioche et Jules l’Africain, puis confirmée par le rabbin du XIXe siècle Paul Drach, converti au catholicisme, en est cette volonté de ne pas reconnaître que Jésus de Nazareth est bien le Messie prophétisé, attendu, Fils de Dieu venu dans la chair aux temps fixés.
Depuis le 25 septembre 2014, nous sommes donc entrés dans l’année 5775 du monde selon le comput juif, année qui s’annonce remarquable tant sur le plan astronomique que sur le plan géopolitique.
Le 17 septembre dernier, le pape François a reçu au Vatican, à la Domus Sanctæ-Marthæ où il réside, les délégués du Congrès juif mondial venus pour l’occasion de la fête de Roch hachanah, le Nouvel an juif qui commence à la veille du soir du 25 septembre 2014 : il s’agit de la « tête (Roch) de l’année (ha-chanah) » juive 5775, année civile devant se terminer le 13 septembre 2015.
Cette année, qui ne comporte que 354 jours en tout, est considérée comme simple dans le cycle métonique, avec un seul mois d’Adar, et arrive à la septième place dans le cycle de chemitah comptant donc pour un « chabbat de la terre » en Israël, suivant cette parole du Lévitique : « La septième année sera pour la terre un repos sabbatique, un sabbat en l’honneur de YHWH : tu n’ensemenceras pas ton champ, tu ne tailleras pas ta vigne » (25, 4).
Je reviendrai plus loin sur l’importance que revêt cette année aux yeux des israélites.
Pour l’instant, demandons-nous ce que recouvre une telle différence entre les calendriers juif : année 5775, et chrétien : année 2015.
Les chronologies bibliques
Il faut savoir qu'existent trois chronologies bibliques selon que l'on considère la Thorah hébraïque, le Texte grec de la Septante ou au contraire le Pentateuque samaritain. Laissons de côté ce dernier qui ne nous concerne nullement.
Les Pères de l'Église, se fondant sur la Septante grecque, calculèrent que la naissance du Christ – qui nous sert de point de départ pour l'ère chrétienne grâce aux travaux de Denys le Petit (VIe s.) – dut avoir lieu 5 500 ans après la création d'Adam. Plus exactement, les Orthodoxes ont adopté le total précis de 5 510 ans, alors que les Latins ont choisi celui de 5 199 ans.[1]
La différence (5 510 - 5 199 = 311 ans) importe peu ici ; l'intéressant est de noter que l'Église catholique, bien que suivant la chronologie des Septante, dans son Martyrologe par exemple, a toujours laissé libre la question du nombre des années séparant la création d'Adam de la naissance du Christ, puisqu'elle ne s'est jamais prononcée officiellement, définitivement, infailliblement sur ce point. Des trois chronologies bibliques : l'hébraïque, la grecque et la samaritaine, elle n'oblige pas même à en adopter une ! « In dubiis libertas. » Cette liberté offerte aux croyants est providentielle et nous permet aujourd'hui de considérer la chronologie des Saintes Écritures hébraïques en toute sérénité.
D'après cette dernière (à partir de calculs qu'il n'y a pas lieu de développer en cet article), on compte 2 000 ans entre la création d'Adam et la vocation d'Abram (Patriarche hébreu qui ne sera nommé « Abraham » qu’en Gn 17, 5), puis encore 1 000 ans entre celle-ci et le règne de David.[2] Et comme la conquête de la ville de Jérusalem – qui deviendra la capitale du royaume judéen – est placée vers l'an 1000 avant Jésus-Christ par les historiens contemporains, confirmant le Texte sacré, on constate donc un écart total de 4 000 ans entre le premier Adam et le Messie, le Fils de Dieu incarné, le second Adam : 2 000 + 1 000 + 1 000 = 4 000.
Si les Pères de l'Église avaient fondé leurs calculs sur la Thorah, ils auraient parlé non pas de 5 000 ans et quelques, mais bien de 4 000 ans d'Histoire sainte avant la Nativité. Une telle « connaissance » était devenue traditionnelle en Occident au XVIIe siècle, Blaise Pascal en est une preuve éclatante. Nous lisons, en effet, sous sa plume :
« C'est une suite d'hommes, durant mille ans [entre David et la Nativité], qui, constamment et sans variation, viennent l'un ensuite de l'autre, prédire ce même avènement [de Jésus de Nazareth]. C'est un peuple tout entier qui l'annonce, et qui subsiste depuis quatre mille ans » (Pensées, 167).
Voilà pour le total des 4 000 ans d'Adam au Christ, même si Pascal extrapole un peu en faisant commencer l’histoire du « peuple » (choisi) au début de l’humanité… Voici maintenant pour les 2 000 ans entre Abram et le Christ :
« Les riches quittent leurs biens, les enfants quittent la maison délicate de leurs pères pour aller dans l'austérité d'un désert, etc. Voyez Philon juif. Qu'est-ce que tout cela ? C'est ce qui a été prédit si longtemps auparavant. Depuis deux mille années [depuis Abram] aucun païen n'avait adoré le Dieu des juifs; et dans le temps prédit, la foule des païens adore cet unique Dieu... » (Pensées, 199).
Avant lui, Jean de Gaut de Frégeville, chronographe protestant réformé natif de Réalmont en Albigeois, avait publié un livre intitulé La chronologie contenant la durée générale du monde, démonstrée par la Parolle de Dieu, imprimé chez Abraham Dauvel à Paris, en 1582. Tout au long de la page 133, il y calculait 2 000 ans pile entre la création d'Adam et la vocation d'Abraham d'une part, et 2 000 autres années entre celle-ci et la naissance du Christ, d'autre part. Nos 4 000 ans étaient complets, à l'année près.
Grâce à cette chronologie traditionaliste uniquement fondée sur les Saintes Écritures – à laquelle s’opposa d’ailleurs le grand érudit protestant Scaliger –, Frégeville escomptait convertir les juifs, sans beaucoup de succès au vu des résultats !
Il mourut accidentellement en 1603, noyé dans la Seine, au retour d’un prêche à Ablon.
Ce comput corroborait la fameuse « tradition d'Élie » rapportée par le Talmud, traité Sanhédrin, dist. Cheluk.[3] Cette tradition particulière annonce, en effet, que « le monde doit durer six mille ans : deux mille ans avant la Loi, deux mille ans sous la Loi, et deux mille ans sous le Messie ». Soit deux mille ans d'Adam à Abram, donc sous la loi naturelle, puis noachide ; deux mille ans sous la Loi mosaïque donnée sur le Sinaï, mais inaugurée avec l’Alliance abrahamique symbolisée par la circoncision (Gn 17, 10) ; enfin deux mille ans sous le Règne du Messie.
La Tradition orale et les Écritures hébraïques s'accordent donc admirablement ici pour fixer à 4 000 ans le laps de temps devant s'écouler entre Adam et le Messie.
L'« escamotage » de 240 ans
Comment se fait-il donc que le calendrier israélite, toujours en usage aujourd'hui dans le monde juif, soit décalé de 240 ans par rapport à ces données de base ? Reprenons nos dates du début : l'an 2015 de l'ère chrétienne sera en fait, suivant la chronologie biblique hébraïque, l'an 6015 de l'ère adamique, puisque 4 000 ans avant J.-C. ajoutés à 2 015 ans après équivalent à 6 015 années. Or, l’an 2015 coïncidera en partie avec l'année 5775 des juifs, comme je l’ai signalé plus haut. Ainsi donc le comput israélite accuse une nette différence de 240 ans, nombre trouvé par une rapide et simple soustraction : 6 015 – 5 775 = 240.[4]
Différence d'autant plus étonnante que c'est à la Thorah que veut faire référence le calcul des années composant le calendrier de la Synagogue ! Pareil décalage a-t-il une explication ?
Oui, et c'est Paul Drach, célèbre rabbin français du XIXe siècle, converti au catholicisme, qui nous en donne la raison.[5]
Mentionnant la « tradition d'Élie » dont je viens de parler, il constate, en son livre De l'harmonie entre l'Église et la Synagogue[6] :
« […] le Messie devait venir après les seconds deux mille ans. Or, comme l'Incarnation et la naissance de Notre-Seigneur coïncident avec cette époque, les rabbins, pressés par la tradition, enlevèrent infidèlement, deux cent quarante ans de la chronologie universelle. »
Le comput rabbinique est donc bel et bien dû à un « escamotage » de 240 ans destiné à voiler le fait que la venue du Fils en chair arriva conformément aux Écritures, à la fin du règne de la Loi mosaïque, à la plénitude des temps... plénitude annoncée par la Tradition orale, la célèbre Qabalah, et confirmée par le calendrier hébreu inscrit en filigrane dans la Thorah.
Paul Drach n'a pas inventé ce « vol d'années » ; on le trouve déjà mentionné – avec moins de détails, il est vrai – sous les plumes de Théophile d’Antioche et de Jules l'Africain. Ces deux écrivains ecclésiastiques du IIe siècle, ainsi que d'autres à leur suite, accusèrent les juifs d'avoir falsifié leur calendrier. De fait, cette accusation ne manque pas de fondement : il semble bien que le nouveau comput de la Synagogue soit le résultat d'une révision faite vers le IIe siècle précisément, dont la responsabilité incomberait à Rabbi Josué ben Halafta, l'auteur du traité Seder 'Olam rabba (Grand ordre du monde). L'échec de Shimon bar Kokhba en 135 – faux messie soutenu bien imprudemment par Rabbi Akiba – n'est certainement pas étranger à cette nouvelle manière de supputer les temps mise au point par celui qui fut surnommé par ses contemporains « l’historien ».
Les erreurs de calcul du Messie
Au cours du IIIe siècle de notre ère, Rabbi Judah prétendit avoir reçu une révélation du prophète Élie : « Le monde, assurait-il, ne subsistera pas moins de 85 jubilés, et le Fils de David, viendra pendant le dernier jubilé. »
Un jubilé étant la fête qui clôture 50 ans, 85 jubilés font par conséquent au total : 85 x 50 = 4 250 ans ; le Messie devrait donc venir entre les années 440 et 490 de notre ère, soit durant les 50 ans du dernier jubilé.
On notera ici que l'an 440 de l'ère chrétienne correspond à l'an 4200 de la création d'Adam d'après le calendrier juif, décalé de 240 ans on l'a vu.[7] Curieusement, en 448, donc au début du dernier jubilé « prophétisé », apparut un certain juif de Crète se croyant le nouveau Moïse chargé de persuader le peuple israélite que l'heure était venue de se rendre en Palestine ! Sans lendemain, comme put le constater l'historien Socrate – né à Constantinople en 408 – dans son Histoire ecclésiastique (chap. III, 33). Le faux messie crétois ne fit pas longtemps illusion ; Rabbi Judah s'était trompé.
Maïmonide ne fut pas mieux inspiré. Ce célèbre philosophe et médecin (1135-1204), qui se voulait pourtant rationaliste et opposé à tout ce qui touchait de près ou de loin au genre apocalyptique, n'en supputa pas moins le temps du Messie. Voyant ses coreligionnaires du Yémen[8] en proie à la désagrégation du fait de la propagande d'un apostat juif, il prit sa plume en 1172 pour écrire sa Lettre au Sud ou Porte de l'espérance, en laquelle il donne la date exacte – croit-il – du commencement de l'ère messianique : ce sera, d'après le comput de la Synagogue, l'an 4976 de la création d'Adam. Soit donc en 1216 de notre ère chrétienne, puisque 4 976 – 3 760 = 1 216.[9] La venue de l'Oint de la tribu de Judah réalisera la délivrance des juifs du joug des Gentils, c'est-à-dire des païens, chrétiens ou musulmans. Rappelons que la famille de Maïmonide avait dû s'enfuir de Cordoue en 1149, puis de Fez au Maroc en 1160, afin de se soustraire à la persécution des Almohades imposant aux juifs le choix entre la conversion à l'islam ou l'émigration...
L'année 5775 et les signes des « derniers temps »
J’ai signalé au début l’importance que les israélites accordaient à cette année 5775 où nous sommes aujourd’hui. Pourquoi donc ? Le rav Ron Chaya[10] essaye d’en donner l’explication.
Dans son cours vidéo du 16 septembre dernier, intitulé « 5775 : une année de guerre », il affirme que les grands rabbins actuels en Israël annoncent la très proche venue du Messie, puisque les signes des « derniers temps » sont sous nos yeux :
réinstallation du peuple sur « sa » terre biblique,
retour impressionnant de nombreux juifs à l’étude de la Thorah,
opposition de plus en plus vive entre l’État laïc israélien et le monde religieux juif orthodoxe,
lutte allant crescendo avec l’islam (« Ichmaël ») sous toutes ses formes,
et enfin guerre de Gog et Magog[11] contre Israël prévue pour la fête de Souccot en 5776 (« Fête des cabanes » à situer entre le 27 septembre 2015 et le 4 octobre suivant).
Sonnera alors la venue triomphale du Messie des juifs.
Arrivé là, nous ne pouvons, sans crainte ni tremblement, relire cette phrase de Jésus :
« Je suis venu au Nom de mon Père, et pourtant vous ne me recevez pas : qu’un autre vienne en son propre nom, vous le recevrez » (Jn 5, 43).
Phénomènes astronomiques et prophéties
Mais il est un autre aspect, astronomique celui-ci, qui intrigue fortement les Israéliens, croyants comme incroyants. En effet, durant ces années 2014-2015 se produiront quatre éclipses lunaires coïncidant avec des dates religieuses significatives :
1/ éclipse totale le 5 avril 2014, 1er jour de la Pâque juive : 15 nissan 5774 ;
2/ éclipse totale le 8 octobre, 1er jour de Souccot : 14 tichri 5775 ;
3/ éclipse partielle le 4 avril 2015, 1er jour de la Pâque : 15 nissan 5775 ;
4/ éclipse totale (lune rouge sang) qui sera visible en France, le 28 septembre suivant, 1er jour de Souccot : 15 tichri 5776.
Au mitan de cette tétrade lunaire, c’est-à-dire le 20 mars 2015, se produira une éclipse totale de soleil observable en France également.
Les amoureux de la Parole ont tous en mémoire ce passage de la Genèse :
« Qu’il y ait des luminaires au firmament des cieux pour distinguer le jour de la nuit ; qu’ils servent de signes pour marquer les saisons, les jours et les années » (1, 14).
Les Éditions du Cerf publient enfin le Journal spirituel du père Lagrange, le fondateur de la Revue biblique.[12]
En date du 22 décembre 1907, alors qu’il est à Jérusalem, l’illustre dominicain commente l’Apocalypse :
« Satan sera relâché, fera appel à Gog et Magog… opinion traditionnelle d’une grande tentative de l’esprit du mal pour anéantir l’œuvre du Messie. Je ne suis pas prophète, ni fils de prophète, ne me faites pas dire que nous touchons à la fin du monde, ou qu’elle n’arrivera pas avant des milliers de siècles […], mais enfin, nous devons connaître l’esprit de notre temps et c’est incontestablement une lutte acharnée et suprême. »
Le 28 septembre 1924, il note :
« Comment ne pas être désolé, et jusqu’au fond de l’âme, en voyant les progrès considérables de l’islamisme, qui croît toujours, qui s’empare de tant d’âmes désormais fermées à l’action du christianisme… en voyant la haine obstinée des juifs… »
C’était en 1924… Que ne dirait-il pas aujourd’hui !
Analyses de la situation internationale
Un spécialiste de la gestion des crises internationales, Xavier Guilhou, vient d’analyser sans œillères ni langue de bois la situation internationale[13] :
« Le monde arabo-musulman ne se reconnaît absolument pas dans ce qui se passe aujourd’hui avec l’EIIL (État islamique en Irak et au Levant). Ce sont des sectes apocalyptiques, qui partent du principe que c’est la fin du monde, et que donc ne seront sauvés que ceux qui reviennent à une certaine lecture littérale de l’islam, lecture littérale un peu prônée par le wahhabisme. »
De son côté, cheikh Imran Hosein, un sunnite spécialiste de la pensée apocalyptique musulmane, explique que le Dajjal, l’Antéchrist, est à nos portes ; le temps est proche où anabi Issa (le prophète Jésus) apparaîtra au sommet du minaret blanc de la mosquée des Omeyyades à Damas.[14]
L’importance eschatologique, symbolique, emblématique de la guerre en Syrie, aux yeux des djihadistes de tous pays, n’est donc plus à démontrer…
Jean-Pierre Maugendre, lui, constate que « le mondialisme consuméro-libertaire et l’islamisme théocratico-terroriste sont les deux mâchoires d’une même tenaille qui s’efforce d’arracher leur identité aux peuples jadis [ou encore et toujours] chrétiens. »[15]
Pour Bruno Bonnet-Eymard, frère de la Contre-Réforme catholique fondée par l’abbé Georges de Nantes, les enjeux de « l’Apocalypse de la Vierge » sont cruciaux[16] :
« Pour l’instant, les Américains pensent : si l’Irak et la Syrie implosent, c’est tout bénéfice. Sur leurs ruines se dresseront des factions en guerre, tout comme en Libye aujourd’hui. Voilà Israël débarrassé d’un État puissant au Nord, allié à l’Iran qui s’oppose au rapt de la Palestine. Et voilà les Russes privés de leur allié traditionnel au Proche-Orient, la Syrie, qui abrite notamment leur base navale et sous-marine en Méditerranée [à Tartous]. La Russie, elle, défend évidemment Assad, voulant aussi protéger sa frontière du Caucase, qui n’est pas loin, des infiltrations islamistes qui viendraient agiter les minorités musulmanes qu’elle a enfin pacifiées en Tchétchénie. Le face-à-face, que nous cache “ le fourbi arabe ”, est donc entre la Russie et l’Amérique. Et c’est terrifiant . »
Le cardinal Rouco Varela, lors de son homélie dans la cathédrale de Madrid, le 12 octobre dernier, ne cache pas qu’ « il n’est pas nécessaire d’avoir un quelconque don de prophétie pour entrevoir que dans l’avenir proche […] seront mises à l’épreuve la fermeté et la clarté de notre foi au Christ […].
Évidemment, en cette heure de l’histoire difficile et complexe, il va falloir prier, prier beaucoup… »[17]
L’inénarrable Jacques Attali, toujours partant pour vaticiner barbe au vent, avertit sur son blogue le 13 octobre :
« Quelque chose de majeur va se passer en Europe, dans les mois qui viennent. »
Le même jour – anniversaire de la danse du soleil devant 70 000 personnes à Fatima, en 1917 –, Claude Reichman, président du Mouvement pour la liberté de la protection sociale, dresse ce triste bilan en considérant l’état de notre pays[18] :
« Les événements nous conduisent tous, absolument tous, vers une situation apocalyptique. Nous allons avoir l’effondrement des systèmes sociaux, de la redistribution généralisée […]. Cette situation va produire l’anarchie. Tout d’un coup, les hommes politiques vont disparaître, on ne les verra plus. Ils auront pris leurs quartiers à l’étranger et nous serons face à une situation totalement chaotique. Il faut s’organiser pour veiller à ce que le chaos ne s’empare pas de la France. »
Revenons à la Ville éternelle. Après avoir rencontré le Successeur de Pierre dans sa résidence Sainte-Marthe, le 17 septembre dernier, le président du Congrès juif mondial, Ronald S. Lauder, confia ceci à la presse :
« Le pape François nous a dit en privé qu’il pensait que nous étions entrés dans la IIIe Guerre mondiale […], cette guerre arrive par étapes […]. Ça a été d’abord votre tour, à vous juifs ; maintenant, c’est le nôtre, à nous chrétiens [d’être persécutés]. »
Tous les théologiens savent que, sauf de très rares exceptions (vraisemblablement dues à la mauvaise volonté de certains membres du Saint-Siège), seuls les textes inscrits dans les Acta Apostolicæ Sedis (depuis 1909) font partie du Magistère de l’Église catholique au sens strict ; les interventions médiatiques du Pape n’en font pas partie et n’engagent donc pas l’autorité doctrinale. Cependant, nous aurions tort, bien sûr, de ne pas en soupeser toute l’importance.
La venue du Messie glorieux
La venue du Messie glorieux est suspendue, à tout moment de l'histoire, ne l'oublions pas, à sa reconnaissance par « tout Israël » comme le déclare Paul de Tarse aux Romains :
« Frères, je ne veux pas que vous ignoriez ce mystère, de peur que vous ne vous éleviez dans votre sagesse : cet aveuglement d’une partie d’Israël ne durera que jusqu’à l’entrée de la totalité des païens. Alors, Israël tout entier sera sauvé » (11, 25-26).
Pierre de son côté, après la Pentecôte, annonça aux juifs assemblés à Jérusalem :
« Repentez-vous et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés et qu'ainsi le Seigneur fasse venir le temps du répit. Il enverra alors le Christ qui vous est destiné, Jésus, Celui que le Ciel doit garder jusqu'au temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes » (Ac 3, 19-21).
Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)
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