La « normalisation » de l’homosexualité et l’église
Résumé : « Normaliser » l’homosexualité consiste à la considérer comme normale et à la faire ainsi accepter par toute la société. Or la psychiatrie classique, jusqu’en 1973, classait l’homosexualité parmi les troubles psychiques souvent liés à des carences éducatives, donc guérissables par une thérapie appropriée dans laquelle l’auteur s’est spécialement investi. Puis une intense propagande a réussi à persuader un large public qu’il ne s’agissait pas d’une déviance psychique, mais d’une détermination biologique, échappant de ce fait à la responsabilité des personnes concernées par ce genre d’attraction. Il est à déplorer que bien des documents publiés par l’Église catholique, dont le Catéchisme de 1992 (§ 2 357 et 2 358), divers messages épiscopaux, le rapport intermédiaire du Synode sur la famille en 2014, etc., sont tombés dans le piège et contribuent ainsi, volens nolens, à enfermer dans leur mal-être ceux qu’il faudrait aider à en sortir.
L’homosexualité doit être définie en termes d’attraction3.
C’est la condition d’être sexuellement attiré par le même sexe (couramment ou périodiquement), avec un intérêt hétérosexuel rudimentaire ou réduit, et ceci après l’adolescence, disons 18 ans. Selon les meilleures estimations, moins de 2 % des hommes ont ces attractions, et moins de 1,5 % des femmes4.

J’utiliserai ici le terme « gai » pour ceux qui choisissent de déclarer leur tendance homosexuelle comme normale et de la vivre ; c’est la majorité aujourd’hui ; cependant, environ 20 % ne veulent pas s’identifier comme homosexuels et vivre ainsi. Ce groupe n’a pas de voix publique et est discriminé par l’establishment gai. Il est crucial de savoir si oui ou non une personne normalise5ses attractions homosexuelles.
En normalisant ses attractions, cette personne supprime sa raison et sa conscience, car la perception intérieure que les activités homosexuelles sont contra naturam [« contre nature »] est innée et universelle6.
Commençant ainsi à se mentir, elle doit supprimer sa conscience de la normalité de l’amour homme-femme et du mariage normal avec sa fertilité ; elle est forcée de s’accrocher désespérément à des rationalisations qui justifient son choix de se considérer comme normale, saine et moralement bonne. Ainsi, elle s’éloigne de la réalité, s’enferme dans des désirs qu’elle prend pour des réalités et, ne voulant pas chercher la vérité sur elle-même, elle veut changer les sentiments naturels et les opinions sur l’homosexualité de 98 % de l’humanité qu’elle estime lui être hostile. En réalité, ce n’est pas la société, la culture ou la religion qui la persécutent, mais sa propre conscience7. La normalisation gaie inverse les choses du style : « je ne suis pas fou, mais vous l’êtes ». L’idéologie homosexuelle proclame que la sexualité gaie, y compris sa polygamie inhérente, est un instinct naturel, que le mariage non contraceptif et fidèle n’est pas naturel et elle est ainsi diamétralement opposée à Humanæ Vitæ. Elle déteste le mariage, par jalousie et par rébellion. Dans la mesure où elle s’est infiltrée dans l’Église, ce qui est déjà très avancé, il s’agit d’éliminer son principal obstacle : Humanæ Vitæ.
L’idéologie gaie propage diverses justifications, toutes des faussetés. Elle se nourrit des dogmes de la causalité biologique ou d’« être né comme ça » et de l’immutabilité de ce désordre. En fait, la théorie biologique n’a jamais été prouvée.
Depuis que l’idéologie homosexuelle a commencé à tyranniser l’establishment scientifique après le putsch gai en 1973, lorsque les associations psychiatriques et psychologiques américaines ont renoncé à leur intégrité scientifique8, de nouveaux efforts ont été faits, principalement par des activistes gais, pour finalement détecter une cause biologique. Mais, fait intéressant : c’est précisément le résultat inverse qui a été obtenu. Le mythe biologique a explosé. Les homosexuels ont des hormones, des gènes et des cerveaux normaux9. Même le pro-gai britannique Royal College of Psychiatrists a déclaré en 2014 que l’homosexualité n’était pas une variante innée de la sexualité10. Mais cette réalité pénètre à peine.
De même, le dogme de l’immuabilité est fermement défendu, car la possibilité de changement menace non seulement un argument clé des normalisateurs, mais c’est aussi un argument nécessaire pour que plusieurs justifient leur style de vie personnelle. En raison de l’avancée politique et sociale de l’idéologie homosexuelle, le traitement de l’homosexualité et les conseils orientés vers un changement sont devenus de plus en plus « tabous ». Pourtant, les conseils psychologiques et les initiatives chrétiennes d’entraide en dehors du courant dominant ont continué et ont démontré la viabilité de telles approches. Juste une petite note : surmonter ces tendances est principalement une bataille avec soi-même11 mais un changement majeur, voire radical et durable, a aussi eu lieu dans de nombreux cas12, principalement avec le soutien d’une vie intérieure religieuse soutenue13.
L’establishment politique homosexuel tente d’éradiquer ces activités et ces publications. D’où, par exemple, la présente loi sur la prohibition du traitement de l’homosexualité en Irlande. Sûrement, une homo-tyrannie est sur nous. En 2003, le professeur Robert Spitzer de l’Université Columbia – ce même psychiatre qui avait géré la capitulation des associations psychiatriques et psychologiques américaines au profit du lobby homosexuel militant – a publié son étude sur les effets d’une consultation compétente et saine auprès de 200 homosexuels, hommes et femmes. Une minorité a profondément changé, la plupart des autres se sont améliorés, à la fois en ce qui concerne l’orientation sexuelle et l’équilibre émotionnel global. Il n’y eut aucun signe de nuisance à la santé mentale ou physique, mais une diminution notable des dépressions14. Un ouragan de haine de l’establishment gai est tombé sur le professeur Spitzer avec une telle violence, qu’il s’est senti un homme brisé et, quelques mois plus tard, m’a assuré qu’il ne s’engagerait jamais plus sur ce terrible sujet de l’homosexualité15.
Une rationalisation classique est l’idéalisation de l’amour homosexuel comme supérieur à l’hétéro-amour « vulgaire » : il serait plus tendre, raffiné, noble, créatif, progressiste, etc. Cela trahit la naïveté enfantine de ces personnes, émotionnellement attachées à leur adolescence, quand l’amour sexuel normal entre des adultes est encore hors de portée de la jeunesse.
De leur côté, les pédophiles homosexuels, tous aussi enfantins, idéalisent l’amour homme-garçon16. Les sentiments sexuels de même sexe sont pubertaires : 40 % des homosexuels masculins sont attirés (exclusivement ou non) par des adolescents, et pour les deux tiers des hommes homosexuels, le partenaire idéal serait âgé de moins de 21 ans17. Ainsi la pédérastie, le contact avec les mineurs, a toujours été l’une des expressions les plus courantes de l’homosexualité. En passant, les scandales des prêtres concernent essentiellement la pédérastie, ces prêtres sont des homosexuels ordinaires18.
Maintenant, pour vous donner une idée générale de ce qui suit, je veux avancer quelques faits et quelques idées psychologiques clés. Je dois me limiter à l’homosexualité masculine, mais la plupart s’appliquent également au lesbianisme, avec cette différence que le terme « père » devra être remplacé par le terme « mère », le terme « garçon » par le terme « fille ».
Les sentiments pré-homosexuels se manifestent habituellement à l’adolescence, chez les garçons en déficit de masculinité ou de virilité, plus particulièrement en matière d’esprit audacieux et combatif. Ils manquent de fermeté et ont tendance à être trop doux pour eux-mêmes. Ce trait de caractère qui, sous une forme prononcée, les qualifie comme « femmelette » ou efféminé, les fait se sentir mal à l’aise parmi leurs compagnons de même sexe et inférieurs quant à leur virilité.
Ce trait n’est pas inné, mais provient de l’effet de l’éducation, des interactions parent-enfant et de la formation des habitudes. En un mot : fréquemment, la masculinité sous-développée ou réprimée du garçon pré-homosexuel résulte d’une combinaison d’une mère qui dominait excessivement sa vie affective, d’une manière ou d’une autre, alors que l’influence encourageante du père était insignifiante ou négative. Des variations de ce modèle se produisent dans au moins 60 % des cas d’homosexualité masculine. (D’autres facteurs importants peuvent être des défauts physiques ou des handicaps, des parents exceptionnellement jeunes ou vieux, une éducation par les grands-parents, les relations fraternelles.) Très souvent, le garçon n’était pas sainement attaché à sa mère et dépendait de celle-ci, alors que le lien avec son père était déficient. Il a peut-être été surprotégé, choyé, adoré comme le préféré de la mère, trop complaisante envers lui ; ou trop « domestiqué », traité avec trop d’interférence coercitive maternelle, mais pas comme « un vrai garçon », parfois d’une manière féminisée. Il ne fait aucun doute que ces facteurs d’interactions parent-enfant sont bien établis.
Cependant, le facteur le plus en corrélation avec les attractions homosexuelles ultérieures est leur inadaptation au monde de même sexe lors de l’enfance et de l’adolescence. On pourrait l’appeler le facteur d’« isolement parmi les pairs », qui est plus étroitement lié aux attraits homosexuels ultérieurs. Se sentir étranger, inférieur dans sa virilité, est traumatisant. Ce sentiment de non-appartenance peut animer des aspirations passionnées pour l’amitié et l’idolâtrie de jeunes qui, aux yeux du garçon, possèdent le genre de virilité qu’il ne ressent pas.
Pendant la puberté, de tels désirs peuvent engendrer des fantasmes érotiques sur l’affection physique d’un camarade aimé mais inaccessible. De telles rêveries sont pathétiques ; elles naissent de l’apitoiement sur soi ou de la dramatisation qu’il se crée à propos de la solitude, de l’absence d’amis, du fait de ne pas être « l’un des autres garçons ». Surtout lorsqu’elles sont accompagnées d’une masturbation habituelle, elles renforcent les aspirations du garçon et nourrissent son apitoiement sur soi-même et son sentiment d’être un étranger tragique. Ces sentiments sont addictifs.
Bref, la recherche de partenaires homosexuels est une quête anxieuse d’illusions pubertaires impossibles. Elle est toute égocentrique : l’autre est totalement mérité, il doit être totalement pour MOI ; c’est mendier de l’amour, demander de l’amour, mais ne pas aimer. Lorsque cet engouement ne disparaît pas avant l’âge adulte, il peut prendre le contrôle de l’esprit de la personne jusqu’à devenir une pulsion autonome. En conséquence, il reste en partie ou même en grande partie émotionnellement adolescent dans beaucoup de ses pensées et de ses sentiments, ses habitudes de personnalité, ses relations avec ses parents et autres, ses sentiments par rapport à son propre sexe et au sexe opposé. Il ne devient jamais mature ; il est dominé par un amour-propre immature, un égocentrisme excessif, en particulier dans ses désirs insatiables de même sexe.
Le cinéaste Pasolini fut l’un des nombreux exemples ; de lui-même, il a dit qu’il avait « une faim infinie pour l’amour des corps sans âmes ». Un Allemand créateur de mode gai a appelé cela un asservissement à boire de l’eau salée : plus vous buvez, plus vous avez soif. Quoi qu’il en soit, les relations homosexuelles sont des exercices d’« égocentrisme ». « J’ai vécu avec une succession de colocataires, dont certains prétendaient aimer », a déclaré un homosexuel d’âge moyen. « Ils ont juré qu’ils m’aimaient. Mais les liens homosexuels commencent et finissent avec le sexe. […] Après la première aventure passionnée, le sexe devient de moins en moins fréquent. Les partenaires deviennent nerveux, veulent de nouvelles sensations, commencent à se tromper. »
Son résumé de la vie du gai ordinaire donne à réfléchir, cette vérité réaliste dépourvue d’idéalisations pubertaires et de mensonges de propagande : « La vie gai […] est un monde rude, je ne la souhaiterais pas à mon pire ennemi19. » Ne croyez pas la propagande pour le « mariage » gai noble, fidèle et aimant des dévots catholiques. C’est une astuce pour vendre l’acceptation du sexe gai20.
Autrement dit, l’homosexuel cité ci-dessus illustre le fait que le traitement, ou l’auto-éducation, doit sans aucun doute lutter contre la dépendance sexuelle, mais surtout contre la recherche personnelle infantile généralisée, l’amour-propre et l’apitoiement sur soi. Combattre les vices, exercer les vertus ; et au-dessus de toutes : les vertus de sincérité, de générosité, de responsabilité et de force de caractère. Le sexe homosexuel est un sexe névrosé. L’homosexualité, et l’homosexualité pédophile, est une névrose sexuelle, mais aussi une maladie de l’âme.
Je reviens au thème principal. Le plaidoyer pour la normalisation de l’homosexualité a commencé dans la seconde moitié du XIXe siècle, lorsque le sexe contraceptif est devenu acceptable grâce à la propagande pour l’amour libre, la réforme sexuelle et le divorce. Il était parrainé par tous les mouvements malthusiens : les socialistes, les marxistes, les libres penseurs, les humanistes et les féministes. En 1897, le médecin marxiste Magnus Hirschfeld fonda le Comité humanitaire scientifique et, en 1917, le premier Institut de sexologie à Berlin. La devise de son entreprise était per scientiam ad justitiam [« à travers la science, la justice »], ce qui exprimait les éternels mensonges de l’idéologie de la normalisation gai ; il en allait déjà alors comme aujourd’hui, à savoir que la vision de la normalité est basée sur la science et que les homosexuels seraient ainsi privés de leurs droits sexuels naturels ; pour eux, la société et la religion doivent changer leurs attitudes. Les activistes homosexuels ont joué un rôle clé dans le mouvement de la réforme sexuelle, parce qu’ils sont animés par des sentiments anti-mariage profonds. Les organisations homosexuelles ont toujours été résolument pro-avortement, pro-stérilisation et pro-contraception ; il n’y a aucune manifestation pro-vie qu’une horde de gais hurlants et provocateurs n’essaye de perturber.
C’est l’une des raisons pour lesquelles Planned Parenthood («le Planning familial ») et le Population Movement « encouragent l’augmentation de l’homosexualité21», et que l’hostilité de la Franc-maçonnerieenvers le mariage normal a puissamment contribué à la légalisation de la contraception et du « mariage » homosexuel22. Ainsi, nous voyons Hirschfeld, un homosexuel efféminé, très polygame, agir comme le responsable du Congrès international pour la réforme sexuelle à Vienne en 1930, où il s’est exclamé pathétiquement : « Mieux vaut un amour sans mariage, qu’un mariage sans amour ! » (Lieber eine Liebe ohne Ehe, als eine Ehe ohne Liebe !)23. Il était tout à fait conscient que « l’amour libre » implique la contraception et que les habitudes contraceptives érodent la résistance à l’homosexualité. Le réformateur sexuel de loin le plus influent après la guerre, le « père » de la révolution sexuelle des années 50 et 60, était aussi un homosexuel asservi (probablement pédophile) : Alfred Kinsey, le fondateur de l’Institut de sexologie qui a pris son nom et le cerveau derrière l’éducation sexuelle déshumanisante d’aujourd’hui. Comme Hirschfeld, il était obsédé par le désir d’abolir les normes morales de la société fondées sur le mariage normal, ainsi que de normaliser l’homosexualité, la pédophilie et l’inceste.
Pour lui, le mariage fidèle était contre-nature ; l’homosexualité et toutes les anomalies sexuelles devaient être légalisées ; l’avortement devait être légalisé ; alors que la masturbation, le sexe contraceptif, l’adultère et la prostitution étaient « sains ».
En outre, Kinsey se présentait comme un grand scientifique, alors que ses livres si largement diffusés étaient de la propagande gaie basée sur des recherches frauduleuses24.
Un troisième exemple : Simone de Beauvoir, compagne de Jean-Paul Sartre, la « mère » du féminisme radical et de la théorie du genre. Son influence en France a directement mené à la création du Ministère des droits de la femme et de la Commission Beauvoir sur les femmes. Son livre Le Deuxième sexe25, vantant le slogan puéril selon lequel « on ne naît pas femme, mais on le devient » par contrainte culturelle et familiale : « La bible du mouvement des femmes a mis en marche un train imparable26. »
C’était une lesbienne qui – cas fréquent chez les lesbiennes – « n’avait jamais ressenti le désir d’avoir un enfant [et] ne pouvait imaginer ce qui poussait un homme et une femme à le souhaiter27 ». Elle était animée par « le dégoût, la peur, la haine de la maternité28 ». « Les bébés m’ont rempli d’horreur » a-t-elle dit. « La vue d’une mère avec un enfant suçant la vie de sa poitrine […] ça m’a tout remplie de dégoût29. » La féminité perturbée sous-jacente à son lesbianisme fit d’elle une rebelle passionnée contre le mariage et la maternité, une propagandiste féroce du sexe contraceptif et de l’avortement, avec un impact destructeur.
Les homosexuels et les lesbiennes militants, bien qu’ils ne représentent certainement pas les 2 % de la population ayant des tendances homosexuelles, ont énormément contribué à la mentalité et aux habitudes contraceptives actuelles par leur influence dans la réforme sexuelle et les mouvements féministes. Et tout autant grâce à la normalisation réussie de leur propre style de vie. Ce succès a encore obscurci la perception de plusieurs, en particulier chez les jeunes générations, de la dégénérescence morale et psychologique des relations contraceptives par opposition à la beauté de l’amour conjugal fidèle et dirigé vers l’enfant.
Car, si les rapports sexuels impliquant les contacts génitaux répugnants entre deux hommes ou deux femmes sont officiellement célébrés et que ces liaisons, qui ne sont même pas monogames et pour la plupart névrotiques par nature, ont le statut de « mariage », toute relation hétérosexuelle stérile devient normale par comparaison. Une étude sur les effets du « mariage » gai en Scandinavie a conclu qu’on avait « fait passer le message que le mariage lui-même est dépassé et que pratiquement toute forme de famille […] est acceptable30 ». Cela signifie nécessairement une augmentation de la contraception.
En somme, toute approbation ou suggestion d’approbation des faussetés de l’idéologie gaie mine les enseignements d’Humanæ Vitæ. Pourtant, depuis environ un demi-siècle, de telles suggestions se trouvent dans des documents importants de l’Église catholique. Voyons-les. En 1975, la Déclaration sur certaines questions d’éthique sexuelle de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi écrivait : « Ils font une distinction — et, semble-t-il, avec raison — entre les homosexuels dont la tendance […] est transitoire ou du moins non incurable, et les homosexuels qui sont définitivement tels par une sorte d’instinct inné […] jugé incurable ». À l’époque, la distinction entre l’homosexualité dite « nucléaire » et celle superficielle était la prétention pseudo-scientifique favorite parmi les normalisateurs gais dans les cercles professionnels. C’était peu de temps après que le lobby gai de l’American Psychiatric Association eut « normalisé » la définition de l’homosexualité passant de « trouble » à la notion de « condition ». La Déclaration du Vatican donnait sans réserve l’autorité aux dogmes homosexuels « nés de cette façon » et « immuables ». C’est peut-être dû à la pure naïveté, mais, en tout cas, c’est certainement dû à de l’ignorance blâmable et à de l’incompétence.
La déclaration « né comme ça » a été suivie dans plusieurs documents de l’Église31 et avec de graves conséquences. Au lieu de s’opposer à la propagande homosexuelle fataliste du monde séculier selon laquelle les penchants homosexuels devaient être acceptés comme un fait de la nature, l’autorité de l’Église versait encore plus d’huile sur le feu. Au lieu d’aider les parents à prévenir l’orientation homosexuelle de leurs enfants, d’enseigner aux parents la sagesse de la féminité et de la masculinité naturelles dans leurs relations conjugales et dans leurs rôles éducatifs, ils sont venus avec le message d’acceptation passif et sans espoir : « Rien ne peut être fait à ce sujet32. » Mais en fait, aussi en 1975, la théorie biologique ne pouvait rien présenter à son appui, car il n’y avait pas un seul élément de preuve solide tandis qu’il y avait de nombreuses preuves de la causalité psychologique. Vraiment troublantes sont les déclarations sur l’homosexualité dans les numéros 2 357 et 2 358 du Catéchisme de l’Église catholique de 1992. Ils créent la fausse impression de l’homosexualité comme un mystère complexe et profond de la nature, ce qui est l’un des atouts des normalisateurs gais. Le côté mystérieux est souligné par cette affirmation énigmatique : « Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. » Est-ce destiné à soutenir le mythe d’une cause biologique ? En tout cas, il est conforme à la politique homosexuelle d’ignorer totalement l’approche psychologique, la considérant comme non scientifique et insignifiante.
C’est très trompeur et incorrect. Un texte sérieux aurait exposé que la causalité psychologique avait les arguments les plus convaincants et scientifiquement les meilleurs. En revanche, en affirmant que l’approche psychologique est « largement inexpliquée », le texte porte un (mauvais) jugement qui sort du domaine de compétence des théologiens ; il appartient à celui des sciences humaines. (Rappelez-vous la leçon de Galilée). En vérité, toutes les déclarations sur l’homosexualité qui sortent des questions proprement morales doivent être retirées du Catéchisme. Comme dans la parabole, ce sont de mauvaises herbes, semées parmi le blé de la saine Doctrine quand certaines personnes dormaient.
Une autre déclaration douteuse parle du « nombre non négligeable d’hommes et de femmes qui présentent des tendances homosexuelles foncières ». En 1992, c’était un soutien à la propagande de Kinsey que 10 % de la population masculine était homosexuelle, ce qui indiquerait qu’elle était « normale ». Et puis nous lisons cette demi-vérité : « Ils ne choisissent pas leur condition […] ce qui est une épreuve pour la plupart d’entre eux. » Plus douteuse encore, cette représentation mélodramatique des homosexuels comme d’innocentes victimes de discrimination, comme le suggère l’admonition suivante : « […] Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. » Cette sur-dramatisation est une affaire de propagande homosexuelle. Précisément, l’endoctrinement public massif avec l’image de l’homosexuel victime de l’oppression sociale, en combinaison avec l’illusion du « né comme ça », a été d’une efficacité dévastatrice pour vaincre la résistance publique aux revendications homosexuelles à des « droits égaux » pour leur sexualité. Pourquoi pas un rappel sobre du devoir normal de la charité ? Quoi qu’il en soit, la rhétorique de la compassion et du mélodrame a été pleinement développée dans les documents de l’Église pour créer une atmosphère où l’objection aux pratiques homosexuelles commence à se sentir non chrétienne. Un exemple typique est le « message » des évêques américains aux parents d’enfants (prétendument) homosexuels dans leur document Always Our Children (1997). Ce n’est que de l’onction pastorale, de la dramatisation et du bavardage sur le fait « d’accepter et aimer votre enfant comme un don de Dieu » :
« L’identité sexuelle aide à définir la personne unique que nous sommes » ; « La chasteté signifie […] intégrer ses pensées […] d’une manière qui valorise et respecte sa dignité et celle des autres » ; « Toutes les personnes homosexuelles ont le droit d’être accueillies dans la communauté »; « Un nombre choquant de jeunes homosexuels finissent dans la rue à cause du rejet par leurs familles […] », « Acceptez-vous et aimez-vous comme parents […] ne vous blâmez pas pour une orientation sexuelle ». Le rapport intermédiaire du Synode sur la Famille du Vatican en 2014 continue dans le même style geignard, typique de la propagande homosexuelle sur la victimisation de l’homosexuel répudié, mais ici son intention de légaliser les relations homosexuelles et de bricoler Humanæ Vitæ se fait plus visible. « Les homosexuels – est-il écrit en incluant clairement ceux qui pratiquent activement l’homosexualité et son auto-normalisation – ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne » ; les fidèles doivent « leur garantir un espace de fraternité dans nos communautés parce qu’ils souhaitent souvent rencontrer une Église qui soit une maison accueillante ». Ce sont donc de pauvres parias ; mais avec le droit d’être chaleureusement acceptés dans l’Église. Ainsi, ce sont les fidèles qui devraient être éduqués et instruits de leur manque de miséricorde, pas ceux qui vivent immoralement. « Nos communautés sont-elles capables d’accepter et de valoriser l’orientation sexuelle de ces personnes ? » L’union gaie est donc présentée comme un amour respectable : « […] il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. »
Pour conclure, il n’est pas étonnant que tant de propagande gaie très subtile et, parfois, moins subtile soit reprise dans les documents de l’Église. Depuis les scandales des prêtres, la réalité selon laquelle, au moins depuis les années 50, un pourcentage disproportionné de séminaristes et de prêtres sont homosexuels, est venue au jour. Beaucoup d’entre eux ont dû « normaliser » leurs sentiments pour eux-mêmes.
Et beaucoup d’entre eux doivent être arrivés aux échelons supérieurs de l’Église, parce que beaucoup de prêtres homosexuels tendent à aspirer ambitieusement aux carrières ecclésiastiques et y réussissent33. Il y a eu des réseaux homosexuels subversifs au sein de l’Église, même à des niveaux élevés, pour normaliser l’homosexualité. Les théologiens moraux fournissent des arguments, certains ouvertement comme Charles Curran : « L’Église devrait accepter la valeur normale et la bonté des relations homosexuelles. »
En général, les prêtres homosexuels ou pro-homosexuels s’opposent à Humanæ Vitæ et inversement, beaucoup d’opposants à Humanæ Vitæ sont pro-gai, bien qu’ils ne montrent pas la couleur. En fait, d’après ce qui s’est passé dans le monde, nous pouvons conclure que la promotion du sexe contraceptif a été en grande partie le fait de personnes motivées par le désir de normaliser leur propre anomalie et d’imposer leur immoralité à la société dans son ensemble. Maintenant, il est assez probable que les tentatives existant au sein de l’Église pour amender la doctrine d’Humanæ Vitæ sont également fortement motivées et orchestrées par des prêtres homosexuels. Non par compassion envers les parents pour qui observer Humanæ Vitæ serait trop difficile, mais parce que les hommes gais, ayant peu d’affinité et de compréhension pour l’amour conjugal adulte, sont motivés dans cette question par des sentiments plus centrés sur l’ego : Humanæ Vitæ fait obstacle à leurs propres idéaux douteux.
Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)
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