La Terre n'est pas plate
Résumé : Dans Le Cep n°88 (sept 2019), nous nous interrogions sur les raisons d'un subit intérêt pour le modèle de Terre plate par des équipes scientifiques de différentes spécialités. Comment se fait-il que cette approche attribuée – à tort – à des époques d'ignorance scientifique retrouve un regain de popularité en plein XXIe siècle ?
Après un rapide survol des modèles « platistes[1] » et leurs réfutations principales, nous inciterons nos lecteurs à se recentrer sur les véritables enjeux et les véritables controverses, c'est-à-dire les débats géocentrisme/héliocentrisme et chronologies longues/chronologies courtes. Cette résurgence récente et quasi « miraculeuse » du « platisme » est destinée à brouiller les pistes et à empêcher le débat d'idées sur des sujets plus importants.
Introduction
La Terre plate ? Expression utilisée efficacement avec la volonté de discréditer ou ridiculiser un adversaire : « Untel croit que la Terre est plate ! » À l'origine, était particulièrement visé l'homme du Moyen Âge censé être sous la domination d'une Église obscurantiste et ennemie des sciences. De nombreux articles et études ont pulvérisé cette accusation infondée[2].
Raison de plus pour nous intéresser à la résurgence de la fameuse croyance en une « Terre plate », laquelle croyance aurait soi-disant contaminé l'Antiquité puis tout le Moyen Âge chrétien.
L'ouvrage de l'historien américain Jeffrey B. Russell[3] publié en 1991 donne un aperçu très intéressant, en montrant le rôle des évolutionnistes de la fin du XIXe et du début du XXe siècle dans l'attribution du mythe de la Terre plate à leurs opposants, majoritairement des hommes d'Église.
Mais l'autre aspect de cette question fut l'apparition en Angleterre et aux États-Unis d'authentiques partisans d'une Terre plate dès le milieu du XIXe siècle, en réaction à une science trop mathématisée et éloignée du réel[4]. Nous aurions pu nous réjouir de cette contestation des dérives du progrès technologique si elle avait choisi des arguments plus solides que la mise en doute de la rotondité de la Terre. Et, fait surprenant, ces dernières années on a assisté à une augmentation considérable d'équipes de scientifiques prétendant prouver la planéité de la Terre par des expériences utilisant les moyens courants de la science expérimentale et qui trouvent sans mal à se financer. Nous tenterons de comprendre pourquoi.
Historique des connaissances
Il est très probable que la désignation par « disque » ou « cercle » de la calotte sphérique du continent antédiluvien unique, la Pangée, entourée par un immense Océan, lui aussi d'un seul tenant, soit à l'origine de toutes les allusions à une Terre « plate » (par exemple « disque » sumérien flottant). Il est maintenant prouvé que, de tous temps, dans toutes les civilisations, la Terre a été très majoritairement considérée comme un globe.
La Flat Earth Society (aussi appelée International Flat Earth Society ou International Flat Earth Research Society), est une organisation soutenant l'idée de la Terre plate, fondée en 1956 par l'Anglais Samuel Shenton, puis dirigée par l'Américain Charles K. Johnson. À la mort de Johnson, en 2001, l'organisation a connu quelques années d'inactivité, jusqu'à sa reprise en 2004 par Daniel Shenton, actuel dirigeant.
Les marins des civilisations antiques
(Égyptiens, Crétois, Phéniciens, Hittites, Chinois, Grecs, Romains, etc.) savaient bien qu'à grande distance apparaissaient d'abord à l'horizon les sommets des montagnes (Mont Cinto, Etna, Stromboli, Vésuve, Mont Ida, Mont Olympe, Mont Fuji), visibles de très loin et semblant émerger de l'eau au fur et à mesure que le navire approchait de la côte. À l'inverse, quand le navire s'éloignait, la montagne semblait disparaître peu à peu sous la ligne d'horizon.

Fig. 1. Où mettre la vigie sur un navire ?
Sinon, Ptolémée II Philadelphe (309-246 av. J.-C.) ne se serait pas donné la peine de faire construire une tour de 135 m de haut sur l'île de Pharos[5] [en grec Φάρος] à l'entrée du port d'Alexandrie (280 av. J.-C.), dont les feux étaient visibles à plus de 50 km ; il faut savoir qu'un feu entretenu à 10 m seulement au-dessus du niveau de la mer n'aurait été visible qu'à 10 km. Une terre plate aurait permis de voir depuis un bateau les feux situés sur le rivage (ou l'inverse) avec une mer calme et de nuit par temps clair, à des distances gigantesques. Les marins du Moyen Âge en savaient autant, puisque les vigies de toutes les marines du monde étaient perchées en haut des mâts sur les nids-de-pie, permettant ainsi de reculer la ligne d'horizon pour apercevoir et identifier les obstacles et autres navires approchants, bien avant les observateurs sur le pont.
L'origine du mythe
De tous temps, les opposants à un ordre établi, les novateurs, révolutionnaires, progressistes, modernistes, etc., ont cherché à discréditer une autorité légitime, une tradition ou un ordre établi, en inventant une prétendue ignorance ou un obscurantisme supposé chez leurs prédécesseurs.
La Renaissance, puis la Réforme et la Révolution virent fleurir les attaques contre un Moyen Âge réputé obscur, ignare, ennemi des sciences et de la liberté, soumis à la dictature religieuse de l'Église. Parmi les légendes inventées, figure en bonne place la perte quasi-totale des connaissances culturelles et scientifiques héritées des civilisations antiques, notamment leurs connaissances astronomiques.
Selon l'historien et théologien catholique américain Jeffrey B. Russell (1934–2023), le mythe de la croyance en une terre plate au Moyen Âge est une invention de polémistes du XIXe siècle. Des historiens, scientifiques et esprits libéraux, tels que John William Draper ou Washington Irving, souhaitaient réfuter les arguments antiévolutionnistes émis par les savants chrétiens de leur époque.
Pour étayer leur affirmation, se basant sur des écrits du pasteur anglican William Whewell[6] (1794-1866), un scientifique polymathe, ils se référèrent alors à quelques très rares auteurs chrétiens comme à l'élégant apologète Lactance (250-325) ou au « voyageur des Indes » Cosmas Indicopleustès (v. 560), qui postulèrent cette figure plate en s'appuyant sur ce qu'ils croyaient comprendre du récit biblique de la Genèse. C'était ignorer des centaines de savants, comme par exemple saint Jérôme « de Stridon » (347-419), saint Augustin d'Hippone (354-430), saint Isidore de Séville (ca. 565-636), Macrobe (370-440 env.), Boèce (480-524), Bède le Vénérable (ca. 672-735), Gerbert d'Aurillac (ca. 945-1003, le pape Sylvestre II), Jean Scot Érigène (v. 810-877), Joannes de Sacrobosco[7] (fin XIIe-début XIIIe), etc., qui affirmaient tous la sphéricité du globe terrestre, sans y trouver la moindre contradiction avec les Écritures. L'idée d'un dogme chrétien de la Terre plate, qui s'appuie aussi sur le mythe de l'Âge sombre médiéval et illustre l'histoire du conflit entre religion et science, s'est alors diffusée dans des ouvrages de vulgarisation et des manuels scolaires, tout spécialement dans les pays anglo-saxons.
L'affaire « Christophe Colomb » est significative de cette propagande de polémistes comme, par exemple, Washington Irving (1783-1859), qui écrivit que le navigateur gênois, en affirmant la rotondité de la terre, affronta seul les savants « platistes » de l'Université de Salamanque. En réalité, après son échec auprès du roi Jean II du Portugal et grâce à l'appui des dominicains espagnols, en particulier fray Diego de Deza, Colomb fut confronté en 1487, en présence des rois catholiques, aux érudits du Conseil[8] de Salamanque, lesquels, ayant une connaissance exacte des dimensions du globe, estimaient la route des Indes par l'Ouest, à partir des Canaries, trop longue sans ravitaillement (plus de 235° de longitude), ce qui s'avéra exact[9].
Colomb, minimisant l'étendue occupée par les océans, parvint cependant à convaincre et à faire financer son voyage par les souverains. Nulle question de platitude ou de rotondité de la Terre dans cette entrevue. Mais le mythe fit fortune dans les pays anglo-saxons.
Un autre aspect de cette question fut l'apparition aux États-Unis, dès le milieu du XIXe siècle, de partisans d'une Terre plate, en réaction à une science trop mathématisée et éloignée du réel. Nous aurions pu nous réjouir de cette contestation des dérives d'un progrès technologique matérialiste si elle avait choisi des arguments plus solides que celui de la mise en doute de la rotondité de la Terre. Or, fait surprenant, on assiste ces dernières années à une augmentation considérable d'équipes de scientifiques prétendant prouver la planéité de la Terre par des expériences utilisant les moyens courants de la science expérimentale. Nous allons essayer de comprendre pourquoi.
Les Terre-platistes modernes
Pourquoi cette croyance reprend-elle un regain de publicité ces derniers temps ?
Une difficulté pour exposer le sujet provient de la multitude de propositions différentes et parfois contradictoires entre variantes « platistes ». Nous n'aborderons que les modèles « platistes » les plus élaborés et donc les plus plausibles.
Contrairement à une croyance très répandue, Ératosthène n'a pas prouvé la rotondité de la Terre, mais il l'a supposée et en a extrapolé la circonférence par sa remarquable mesure des ombres portées en deux sites de latitudes différentes situés sur le même méridien. Le choix par les « platistes » d'un soleil de diamètre voisin de 50 km et distant d'environ 5 500 km, qui agit comme une source de lumière ponctuelle (Fig. 2), est conforme aux observations des ombres portées à différentes latitudes ou moments de la journée.

Fig. 2. Modèle platiste du soleil
Au zénith, son diamètre apparent est le même que celui du soleil du modèle sphérique, soit 0,009 radian. Mais dès que le point d'observation s'éloigne, ce diamètre apparent devrait décroître fortement, ce qui n'est pas observé.
La lune a des dimensions et altitude proches de celles du soleil et elle émet sa propre lumière.
En raison de son diamètre 100 fois inférieur à sa distance à la Terre, le soleil des « platistes » se comporte comme une source lumineuse ponctuelle. Cela rend compte des ombres portées à différentes latitudes ou heures de la journée. Au zénith, son diamètre angulaire apparent est le même que dans le modèle d'un globe sphérique, soit 0,009 radians. Mais dès que le point d'observation s'éloigne, ce diamètre apparent devrait décroître fortement, ce qui n'est pas observé.
Autre faiblesse : on remarque que, dans ce modèle, les éclipses de lune par le soleil ne peuvent pas se produire. Le soleil émettant un cône de lumière focalisé vers le bas, il n'éclaire pas la lune qui est supposée émettre sa propre lumière sur une moitié mobile de sa surface.
Au solstice d'été, à midi, le soleil est au zénith exact à Syène (observé à la verticale depuis le fond d'un puits), ce qui permit à Ératosthène de mesurer, le même jour à la même heure, l'inclinaison du soleil à Alexandrie.
En appliquant la méthode d'Ératosthène (pour mesurer la circonférence de la Terre) à une Terre plate, on se trouve dans la situation de la Fig. 3. Comme la distance entre Alexandrie et Syène est de 5 000 stades, on obtient par le calcul une hauteur de 40 000 stades pour le soleil (environ 6 000 km, avec un stade égyptien de 157 m), ce qui est de l'ordre de grandeur des valeurs choisies par les « platistes ».

Fig. 3. La mesure d'Ératosthène dans les deux systèmes : modèle sphérique à gauche et modèle platiste à droite
Dans le modèle « platiste », le diamètre apparent du soleil, égal à environ 0,5° d'angle (0,009 radians), n'est exact qu'à midi au solstice d'été. Pour des latitudes et longitudes différentes, ce diamètre apparent devrait diminuer, comme la distance observateur-soleil augmente. En réalité, il est constant[10].
Les dimensions et hauteur de la lune sont proches de celles du soleil, et donc la même objection se pose car le diamètre apparent de la lune est remarquablement proche de celui du soleil. Dans le modèle « platiste », ce diamètre devrait diminuer avec l'augmentation de la distance d'observation, la distance Terre-soleil étant inférieure aux dimensions du disque terrestre.
Description de la Terre plate
Les pôles sont symétriques avec une Terre ronde, mais dissymétriques sur une Terre plate. C'est la plus grande difficulté pour les platistes, car l'hémisphère sud est fortement distordu, si bien que les distances entre continents doivent être réajustées et apparaissent alors très différentes de celles mesurées sur un globe.
Les méridiens deviennent des rayons droits partant du pôle nord au centre du disque terrestre et s'écartant de plus en plus jusqu'à la couronne Antarctique (se reporter à la Fig. 5 ci-après).
Pourquoi les Terre-platistes ont-ils choisi le pôle nord, et non le pôle sud, comme centre de leur projection ? Le pôle nord n'est pas un continent, est mieux exploré, proche des régions à population dense et n'a rien de mystérieux, contrairement au pôle sud qui est un vaste continent éloigné des terres habitées, réputé hostile et exploré tardivement.
Le diamètre du disque terrestre est de 40 000 km, son bord étant une ceinture continue de glace de circonférence 125 000 à 150 000 km réputée infranchissable. Nous voyons que les cartes qu'ils utilisent s'inspirent de la projection cylindrique de Mercator[11] (1569) pour l'hémisphère sud, ou de la projection azimutale équivalente de Lambert (1772) centrée sur le pôle nord qui est le point central du continent plat. Ces projections ne conservent pas les distances. Pour l'hémisphère nord, les dimensions correspondent approximativement, sauf que les parcours se font sur une surface plane et non sphérique. Pour mieux comprendre, lorsqu'il s'agit de comparer des itinéraires et des distances, l'utilisation d'un globe terrestre est fortement recommandée plutôt qu'un planisphère.
Principale hypothèse des « platistes » : la Terre étant plate, l'observation d'un objet éloigné n'est limitée que par l'effet de perspective et le pouvoir de résolution de l'instrument utilisé (œil nu, lunette, télescope, radar, laser, etc.). Tout objet en ligne directe sans obstacle de relief (par exemple la surface calme de l'océan) serait observable dans son intégralité, quelle que soit la distance, à condition d'utiliser l'instrument adéquat. En revanche, pour une Terre sphérique, la courbure de la surface masque progressivement les objets lointains. La Fig. 4 illustre les deux approches. À faible distance les deux modèles se rejoignent, puisqu'un arc de sphère de faible valeur est assimilable à sa tangente.

Fig. 4. Objet observé à l'œil nu et à la lunette, selon la distance (terre ronde à gauche, terre plate à droite)
Or, excepté dans de très rares cas de réfraction atmosphérique sur des distances moyennes, et quel que soit l'instrument, l'intégralité d'un objet n'est plus visible sur les distances longues. Les multiples vidéos que l'on trouve sur la Toile prétendant le contraire ne donnent aucune preuve vérifiable et les conditions expérimentales ne sont pas précisées.
Jour/nuit et saisons
La durée variable du jour et de la nuit et la succession des saisons sont expliquées par la trajectoire du soleil qui circule chaque jour au-dessus du tropique du Capricorne au solstice d'hiver (cercle bleu sur la Fig. 5), puis se déplace progressivement vers le cercle de l'équateur aux équinoxes (cercle jaune), pour atteindre le cercle du tropique du Cancer au solstice d'été (cercle rouge). On obtient bien un jour de 24 h au pôle nord en été et une nuit de 24 h en hiver boréal. Mais pendant l'hiver boréal (été austral) du modèle « platiste » avec dissymétrie de pôles, la ceinture de l'Antarctique n'a pas de jour de 24 h, mais des jours/nuits de durée variable. Des formes d'éclairement arrière ont été proposées pour contourner le problème.
Mais cela voudrait dire que leur soleil fonctionne comme un spot réglable en surface d'éclairement selon les saisons. Par quel mécanisme ?

Fig. 5. La Terre plate vue de l'étoile polaire, avec les trajectoires du soleil
La surface éclairée à un moment donné est limitée ici au cercle tracé en vert, qui se déplace à mesure que le soleil opère son parcours journalier au-dessus de la terre. Selon la saison, ce parcours circulaire s'éloigne ou se rapproche du pôle Nord. En blanc, à la périphérie de la Terre plate : la barrière antarctique infranchissable.
De plus, la frontière jour/nuit devient une circonférence et non un méridien[12]. Le point de tangence T du bord circulaire de la zone éclairée par le soleil avec un méridien verra le lever du jour avant les points A (au sud) et B (au nord) de part et d'autre sur le même méridien, qui seront encore dans l'obscurité (Fig. 6). Pour le point B situé au nord, c'est ce que l'on observe pour un globe. Pour le point A au sud, le lever de soleil devrait se produire plus tôt qu'en T. Or dans le modèle « platiste », il se produit plus tard comme en B (symétrie par rapport au méridien). Le coucher de soleil en T est plus tardif, ce qui est normal pour B au nord, mais anormal pour A au sud (cf. Fig. 6).

Fig. 6. Schéma simplifié de la trajectoire sur 24 h du soleil, avec ses zones d'éclairement
Pour nous, le soleil et la lune apparaissent ou disparaissent sous l'horizon en raison de la rotondité de la Terre. Avec une Terre plate, ils devraient rester visibles de tout point du disque terrestre et leur diamètre apparent devrait décroître avec la distance. Le modèle platiste classique rend mal compte de la trajectoire diurne du soleil. Un nouveau modèle a été proposé avec une déviation des rayons lumineux qui ne sont plus rectilignes (cf. Fig. 7). Cette déviation n'est ni expliquée ni mesurée par les tenants de cette hypothèse[13] [14] non démontrée, la position apparente du soleil (en orange sur le dessin) est plus basse au lever et au coucher dans les lieux éloignés du centre de la zone éclairée.

Fig. 7. Le soleil monte et descend sur l'horizon, selon l'heure dans la journée
L'angle apparent est obtenu par la courbure variable des rayons lumineux (en abscisse, les heures du jour).
Mais le soleil reste visible en entier et n'apparaît pas ou ne disparaît pas comme dans la Terre sphérique. Les chemins optiques restent très différents et les diamètres apparents devraient être plus faibles au lever et coucher. Cette hypothèse ne rend donc pas compte des levers et couchers du soleil et de la lune.
Observations incompatibles avec une Terre plate
La barrière de glace antarctique devrait être visible dans plusieurs directions depuis les côtes ouest des Amériques, d'Asie, d'Afrique par temps clair avec des instruments à fort grossissement (cf. Fig. 8). Il en serait de même des sommets montagneux élevés et enneigés.

Fig. 8. La banquise circulaire devrait être visible de très loin avec les instruments à fort grossissement et en les pointant dans des directions très différentes
Le diamètre apparent du soleil est constant du lever au coucher. Si la Terre était plate avec un soleil proche et de petite taille, ce diamètre varierait fortement, par exemple d'un facteur proche de 2, soit 100% de variation pour un lieu distant de 8 500 km de la verticale du soleil.
Un aéronef volant à haute altitude, éclairé et réfléchissant les rayons du soleil, devrait être visible de régions situées à grande distance et plongées dans la nuit loin de la surface éclairée. L'étoile polaire, la Croix du Sud et toutes les constellations devraient être visibles en tout point sur la Terre plate.
Le continent Antarctique est remplacé par une barrière circulaire de glace réputée infranchissable, de circonférence 125 000 à 150 000 km. Pourtant, le continent Antarctique a été traversé par avion, moyens motorisés, en traîneau à chiens, à skis sur des distances transversales variées d'environ 6 000 km. Une navigation circumpolaire se fait en 18 000 km en été et 23 000 km en hiver (banquise variable). Des lignes aériennes régulières survolent quotidiennement l'Antarctique. Il existe de nombreuses bases polaires permanentes disséminées sur le continent. La barrière infranchissable n'existe pas.
Les éclipses de la lune par le soleil sont impossibles avec les modèles standards de Terre plate. Les phases de la lune sont expliquées par sa luminosité propre sur la moitié de sa surface en rotation.
Les questions qui se posent
Pourquoi aucun engin spatial n'a jamais atteint le soleil, distant de moins de 6 000 km ? Pourquoi les radars et les lasers ne détectent ni le soleil ni la lune ?
Quels phénomènes physiques expliquent les trajectoires du soleil et de la lune ? Pourquoi ces astres sont-ils des globes et non des disques ?
Qu'y a-t-il sous la terre plate ?
L'utilisation du mythe
Le mythe n'est plus utilisé pour dénigrer l'Église ou le Moyen Âge, mais pour semer la confusion et empêcher les discussions sur des sujets autrement importants comme le géocentrisme ou les chronologies courtes. Il est très significatif de voir traité de « Flat-earther » le grand spécialiste américain du géocentrisme néo-tychonien, le philosophe et théologien Robert A. Sungenis[15], auteur d'une magistrale réfutation des modèles platistes dans son ouvrage de référence Flat Earth, Flat Wrong. An historical, biblical and scientific analysis (2018)[16], uniquement parce que les coperniciens et les évolutionnistes considèrent que le platisme est un géocentrisme et entretiennent la confusion auprès du public.
Par exemple, Elizabeth Watts[17], biologiste de l'université Friedrich-Schiller d'Iéna, en Allemagne, fustige les ennemis de la « science » en mettant sur le même plan les platistes, les géocentristes, les partisans des chronologies courtes pour l'histoire de la Terre et les climato-sceptiques qui s'opposent aux thèses qu'elle défend. Il n'est jamais question de débat ou de confrontation d'idées.
Le fait que des hypothèses de Terre plate mal fondées et en contradiction avec les observations trouvent des financements et de la publicité semble correspondre à une manœuvre de diabolisation des scientifiques, qui critiquent les théories officielles sur des sujets plus sérieux. Ces sujets, eux, portent directement à conséquence sur l'orientation matérialiste des sciences ainsi que sur la vision de l'origine du monde et du vivant.
Nous recommanderons aux lecteurs du Cep éventuellement tentés par les modèles platistes de se diriger vers l'étude objective du géocentrisme et la réfutation des hypothèses évolutionnistes, plutôt que de perdre leur temps avec l'idée d'une Terre « plate » qui ressemble à un leurre ou à une manœuvre de diversion.
Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)
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