L'agriculture eubiotique et la santé (III)

Par Jean BoucherRevue n°9Agriculture, Santé
L'agriculture eubiotique et la santé (III)

Résumé : Dans ce dernier article Jean Boucher évoque les moyens à mettre en œuvre pour maintenir le sol en état d'équilibre et de santé : stimuler la vie microbienne par des cultures auxiliaires, travailler le sol sans le perturber, apporter des amendements adaptés. L'agriculture « eubiotique » pourra ainsi fournir l'alimentation de haute vitalité que nous attendons.

Nous avons décrit dans les articles précédents les deux équilibres, minéral et organique, indispensables à la santé des cultures (donc de l'homme). Ces équilibres sont nécessaires, mais non suffisants. La méthode agrobiologique que nous pratiquons demande pour une réussite complète l'application de deux autres points au moins :

  1. La pratique d'associations végétales cultivées.
  2. L'ameublissement du sol sans labour profond.

Ces deux points ne sont pas contradictoires. Dans les associations végétales, nous privilégions les plantes à racines profondes (luzerne, féverole, consoude...) qui ameublissent le sous-sol, le drainent et restituent en surface les minéraux des couches profondes.

Les avantages de cette pratique sont les suivants :

Notons qu'il y a interaction entre les deux équilibres minéral et organique. Ainsi l'optimisation du niveau du magnésium est facteur de santé et de rendement pour les légumineuses 3. De plus, l'abondance et la diversité microbienne produisent une gamme étendue de vitamines. Par exemple, la riboflavine (vitamine B2) est sécrétée par les Azotobacter des fixateurs libres de l'azote. Rappelons aussi la présence du cobalt (oligo-élément anti-anémique) dans les sécrétions de cette bactérie. La benzoatase présente dans Azotobacter constitue un élément d'attaque de la lignine, polyphénol plus résistant que la cellulose, et est en relation avec l'A.B.I.A. (acide $\beta$ indol-acétique), facteur de croissance végétale.

Pour les sols qui ne sont pas des terres franches, le praticien dispose de certains amendements :

Conclusion : Tous les problèmes agronomiques doivent se résoudre par des moyens favorables à la santé des cultures et de l'homme : pas de polluants, pas de pesticides, une production de haute vitalité. Le propre de l'agriculture eubiotique est de réunir la santé de la terre et la santé humaine.

Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)

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