L'Amérique, terre de contrastes
Résumé : La revue créditiste canadienne "Vers demain", dans son numéro d'août-septembre, nous signale deux faits caractéristiques du malaise contemporain. Un Etat "laïc", voué à récuser la morale chrétienne mais reculant devant les conséquences au point de réintroduire les 10 Commandements sur les murs des écoles.
1. L'Etat laïc enseigne l'immoralité
Monique Dostie, de Lewiston, (Maine, Etats-Unis), a travaillé pendant un an dans un centre d'accueil gouvernemental pour les handicapés.
Un jour, ses patrons lui ont ordonné d'enseigner aux handicapés comment pratiquer le vice solitaire. Horrifiée par une telle demande, Monique Dostie répondit :
« Je suis catholique, jamais je ne me plierai à un tel ordre. »
Et elle quitta cet emploi qui l'aurait obligée trahir sa foi.
Elle décida d'ouvrir elle-même un foyer pour handicapés. Elle obtint son permis de l'Etat. A ses handicapés, au nombre de trois, elle a enseigné les Commandements de Dieu au lieu de leur enseigner le vice. Ses handicapés sont maintenant catholiques et sont satisfaits de la bonne tenue de leur foyer.
Mais, trois mois après l'ouverture de son foyer, Monique Dostie reçut la visite de cinq ou six inspecteurs de l'Etat. Ils lui donnèrent deux livres sur le sexe, à enseigner à ses handicapés. Elle jeta un coup d'œil sur ces livres, et, se rendant compte de ce dont il s'agissait, lança ces livres pornographiques sur le fauteuil et elle dit :
« Je ne lirai jamais moi-même ces livres et je ne les enseignerai pas à mes handicapés. Cette littérature n'entrera pas dans ma maison ! »
Les inspecteurs demandèrent à voir les règlements de la maison. Ils étaient inscrits sur les murs. Pas de programmes de TV, pas de programmes de radio, pas de cassettes, pas de vidéo, pas de livres qui présentent de la pornographie.
— Madame, dirent les inspecteurs, vous avez un permis de l'Etat, vous devez suivre les règlements de l'Etat, vos règlements vont contre les droits de vos pensionnaires. Si vous n'enlevez pas ces règlements, nous vous amènerons en Cour.
Monique Dostie répondit :
— Je préfère suivre la loi de Dieu avant de suivre la loi de l'Etat.
Pour cette raison, elle fut traduite devant les tribunaux. Elle obtint le concours d'un avocat catholique, Maître James Bendelle, de l'Association des Avocats Catholiques des Etats-Unis. Malgré les bons arguments de l'avocat, qui ont démontré clairement que les règlements de la maison de Mademoiselle Dostie n'allaient pas contre les droits de ses handicapés — ces derniers étant eux-mêmes catholiques, ils sont satisfaits des règlements contre l'enseignement du sexe et contre la pornographie — la Cour n'a pas donné gain de cause à Monique Dostie.
La raison évoquée : si Melle Dostie prenait un nouveau pensionnaire, elle n'aurait pas le droit de lui imposer ses règlements. Alors l'avocat fit appel devant la Cour Supérieure, contre cette décision, car selon lui, les catholiques ont aussi des droits.
Lorsqu'elle avait ouvert son foyer pour handicapés, Monique Dostie l'avait placé sous le patronage de Pauline-Marie Jaricot, fondatrice de l'Oeuvre de la Propagation de la Foi, dont le procès de béatification est ouvert à Rome. Beaucoup de parents téléphonent à Melle Dostie pour lui démontrer leur appui et l'encourager ; certains d'entre eux lui disent qu'ils seraient heureux de placer leurs handicapés chez elle si jamais ils en avaient dans leur famille.
2. Les Dix Commandements peuvent maintenant être affichés dans les endroits publics
Les tueries dans les écoles ont fait réfléchir des Membres de la Chambre des Représentants aux Etats-Unis. Jusqu'à présent, l'enseignement des Commandements de Dieu n'était pas permis dans les écoles.
Le 17 juin 1999, à Washington D.C., la Chambre des Représentants a voté une loi pour permettre d'afficher les dix Commandements dans les écoles et dans les autres édifices gouvernementaux, par un vote de 248 contre 180 voix ; les députés ont approuvé l'amendement à la loi sur le crime juvénile, proposé par le Républicain Robert Aderholt. Cet amendement autorise désormais les Etats à décider si oui ou non ils permettront un tel affichage dans les édifices publics. L'amendement, dit le député Aderholt, est le premier pas fait par le gouvernement pour réinculquer les valeurs de la vie humaine aux enfants influencés par la culture et la violence.
« Je comprends que d'afficher simplement les Dix Commandements ne changera pas instantanément le caractère moral de notre nation, dit le député Aderholt. Cependant, c'était une étape importante à franchir pour promouvoir la moralité, et la fin des tueries d'enfants. »
En 1980, la Cour Suprême des Etats-Unis avait déclaré anticonstitutionnelle une loi du Kentucky préconisant l'affichage d'une copie des Dix Commandements dans les classes de chaque école publique. La Cour avait statué que de tels affichages violaient la loi séparant la religion et l'Etat.
Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)
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