Le Génocide du Sud-Soudan
Dans "Le Drame du Sud-Soudan, chronique d'une islamisation forcée", publiée par l'Harmattan en 1994, Jacques Monnot avait narré les premiers épisodes de la guerre qui ravage le Soudan depuis 16 ans, c'est-à-dire depuis le putsch réussi par le Général Omar-el-Bachir, toujours Président du régime islamiste le plus sanglant de l'histoire africaine : l'armée "régulière" appuie les razzias d'esclaves faite dans les régions chrétiennes ou animistes ; elle n'hésite pas à piller et à bombarder les villages, à canonner les églises et à déporter massivement les populations.
Au moins 2 prêtres anglicans et 4 de leurs fidèles ont été condamnés à mort par crucifixion. De véritables camps de concentration ont été instaurés.
En 1998 on totalisait un million et demi de tués et 5 millions de personnes chassées de leur foyer (sur un total de 8 millions pour le Sud-Soudan). C'est dire l'importance et l'actualité des événements soudanais, même si la presse occidentale reste d'une sobriété et d'une concision étonnante à leur égard.
Dans son nouveau livre, le président de l'association "Solidarité France-Sud-Soudan" poursuit cette chronique et narre le voyage officiel qu'il fit en novembre 1993, à l'invitation de l'Ambassade soudanaise à Paris. Puis il lève un coin du voile sur les relations paradoxales entre la patrie des Droits de l'Homme et le régime soudanais qu'elle continue de soutenir économiquement, militairement et politiquement. Il analyse les écrits et les sophismes du Dr Hassan Al-Tourabi, président de l'Assemblée nationale et "âme damnée" du régime islamiste.
Ces 380 pages engagées, accompagnées d'annexes, de cartes, d'index et d'une bibliographie, se lisent d'un trait, comme le roman tragique d'une histoire malheureusement toujours actuelle, comme une des faces les plus honteuses de l'hypocrisie contemporaine. A lire impérativement, pour ne pas mourir complice.
Référence de l'ouvrage : Jacques Monnot. Le Génocide du Sud-Soudan (L'Harmattan, 5-7 rue de l'Ecole Polytechnique, 75005 Paris, 430 p., 220 FF)
Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)
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