Les évolutionnistes sur les dents : bientôt la zizanie ?

Par Pierre-Florent HautvilliersRevue n°39Biologie, Évolution
Les évolutionnistes sur les dents : bientôt la zizanie ?

Résumé : La théorie de l’Evolution est un artefact des sciences biologiques que l’on a hissé au niveau d’une vérité scientifique au prix d’un bon nombre de contorsions intellectuelles et au détriment de la réalité.
Mais les faits sont têtus. Les recherches et les découvertes montrent de plus en plus l’incongruité de cette théorie. Dans cet article, il est rendu compte d’une étude sérieuse réalisée tout récemment sur les agénésies dentaires (absence naturelle de dents dans les mâchoires), phénomène qui a toujours été présenté comme une preuve scientifique de l’évolution des espèces et en particulier de l’espèces humaine (qui aurait vu son nombre de dents diminuer par rapport à ses supposés ancêtres).
Bien qu’évolutionnistes, les auteurs de cette étude se sont trouvés dans l’obligation de conclure que les agénésies dentaires ne peuvent en aucun cas être considérées comme une preuve génétique de l’Evolution des espèces. Il y a fort à parier que cette communication, la première effectuée sur ce thème avec des bases solides, ne sera pas prise en considération par les autres chercheurs évolutionnistes ; sinon nous risquerions
d’assister à une belle zizanie !

Le fait est rare ; il mérite donc d’être souligné : trois spécialistes viennent de publier une communication intitulée : « A propos des agénésies dentaires, origine et évolution »1.

Ils sont évolutionnistes, plus par formation (ou plutôt déformation) que par idéologie, aussi font-ils preuve d’un pragmatisme objectif en examinant si la réduction de la formule dentaire humaine (actuellement de 32 dents) qui devrait affecter nos futurs descendants, est bien un devenir incontournable s’inscrivant dans le contexte évolutionniste de l’espèce humaine.

Las ! Après un résumé en 8 pages de leur enquête, et au vu des résultats de leurs recherches, ils se trouvent dans l’obligation d’affirmer le contraire et d’en prévenir la communauté scientifique.

Ainsi, un des arguments retenu comme « preuve » de l’évolutionnisme vient encore de s’effondrer !

Après avoir résumé ici cette intéressante communication, un prochain article en fera l’analyse critique.

But des recherches : vérifier si les agénésies dentaires entrent bien dans le cadre de l’évolution des espèces avec, notamment, la disparition de la dent de sagesse.

A- Phénotypes d’agénésies

1- Les Prévalences

Selon les études sur la fréquence des agénésies dentaires, il existe une très grande variabilité des résultats (de 0,3% à 36,5% d’agénésies hors dents de sagesse), ce qui montre leur manque de crédibilité. On estime depuis 1956 que peut-être 20% de la population seraient atteints par le manque d’une dent de sagesse (il y a 4 dents de sagesse dans la bouche), chiffre qui semble fort exagéré.

L’équipe de Polder, en 2004, publia une « méta-analyse rigoureuse »2 qui retint 28 études considérées comme sérieuses, avec critères d’inclusion et d’exclusion, concernant les europoïdes d’Amérique du nord, d’Australie et d’Europe.

Les cinq études concernant des populations afro-américaines, saoudiennes et chinoises ne seront pas retenues, considérées comme étant trop limitées3.

5,5 à 7,6% de la population étudiée se trouvent concernés par un problème d’agénésie dentaire, lequel est plus élevé chez les femmes (avec un risque relatif RR= 1,37), et la prévalence d’agénésie est plus faible chez les europoïdes américains qu’européens ou australiens (p<0,0007).

Il manque autant de dents au maxillaire supérieur qu’au maxillaire inférieur, et il y a presque autant d’agénésies unilatérales que bilatérales ; mais on note des différences dans la répartition : les « fin de séries » (dernières molaires ou 3ièmes molaires, les 2ièmes prémolaires et les incisives latérales) sont le plus fréquemment touchées.

Les agénésies de 1 ou 2 dents représentent 83% des cas et l’absence de 6 dents ou plus : 2,6% des cas.

2-Agénésies associées à des fentes maxillaires4 ou à des syndromes

Les agénésies sont souvent intégrées dans un syndrome malformatif comme les fentes labiales ou palatine (bec de lièvre) ou la trisomie 21. Plus le syndrome est sévère, plus les agénésies sont importantes.

Conclusion

« Les agénésies dentaires sont souvent isolées mais parfois associées à diverses anomalies dentaires ou intégrées dans un système malformatif. L’analyse de ces différents phénotypes permet d’étayer l’hypothèse d’anomalies génétiques à l’origine de ces symptômes. Il convient donc de replacer les agénésies dans un contexte plurifactoriel ».

B- Les étiologies

L’étude évoque ensuite la découverte d’une mutation touchant les chromosomes MSX1 et PAX9 comme pouvant intervenir dans ces phénomènes5. Cependant, les auteurs soulignent que « le dogme du tout génétique est dépassé » car de très nombreux cas ne présentent aucune étiologie génétique. « Désormais, on admet que les agénésies dépendent probablement de facteurs environnementaux, bien qu’ils ne soient pas encore clairement identifiés ».

Puis, les auteurs, forts de leurs conclusions, entrent dans une démarche évolutionniste pour analyser les arguments évolutionnistes en faveur de la réduction du nombre de dents, pour finir par démontrer que l’être humain ne chemine pas vers une réduction de sa formule dentaire, en particulier par la perte de ses dents de sagesse :

Les agénésies dentaires dans le cadre de l’Évolution

L’origine de notre formule dentaire

Rappel de la formule dentaire avec de nombreux dessins couplés avec le schéma du phylum évolutionniste des premiers reptiles primitifs, des mammaliens, puis des premiers mammifères (52 dents), des primates (36 dents) et des grands singes anthropoïdes (32 dents, nombre identique à celui de l’Homme).

Les agénésies s’inscrivent-elles dans l’Évolution ?

Le constat : il n’existe que peu de fossiles de nos ancêtres, peu d’études sur le sujet, et pas de recensement d’agénésies.

Il ne peut donc rien se déduire ni s’affirmer sur la fréquence des agénésies en préhistoire.

Ainsi, aucun argument scientifique n’a été trouvé en faveur d’une réduction de la formule dentaire s’inscrivant dans le cadre de l’Evolution. Puis, l’étude analyse un à un les arguments évolutionnistes étayant cette réduction :

3- Réfutation des arguments

D’autre part, on a toujours observé des dents de dimensions réduites tout au long de l’évolution des hominidés.

De plus on peut observer les faits suivants :

4- L’homme de demain peut-il avoir moins de 32 dents ?

« Il faudrait que la présence de 32 dents soit un inconvénient pour la survie de l’homme ». Tel n’est pas le cas avec les moyens thérapeutiques modernes.

Puisque 32 dents est la caractéristique de l’espèce humaine, il faudrait donc l’apparition d’une autre race avec 28 dents, qu’elle ne soit pas interféconde avec la nôtre, et qu’elle puisse s’isoler un temps assez long pour pouvoir évoluer, conditions qui ne sont pas envisageables.

Conclusion

« Dans l’état actuel de nos connaissances sur les mécanismes de l’évolution, il est probable que les agénésies ne s’inscrivent pas dans l’évolution »

Malgré la prudence de cette phrase circonstanciée, le verdict de nos chercheurs reste donc sans appel : la réduction de la formule dentaire que l’on peut constater ne constitue pas une preuve de l’évolution des espèces et ne peut pas être un argument en sa faveur. Elle entre même en contradiction avec l’hypothèse admise de la réduction de la taille des dents humaines au cours de l’Évolution. Cette réduction de la formule dentaire reste de l’ordre de l’accident s’inscrivant la plupart du temps dans un accident génétique associé à des pathologies diverses.

Les preuves de l’évolution des espèces sont absentes du palmarès des certitudes biologiques. Elles font même cruellement défaut.

Après avoir fabriqué les fausses preuves des chaînons manquants entre l’homme et le soi-disant ancêtre commun avec le singe, après les avoir vainement cherchées dans les jungles asiatiques, les paléontologues évolutionnistes avaient cru pouvoir s’appuyer sur une soi-disant évolution des dents humaines depuis l’Homo erectus6.

Cette étude est donc un pavé dans la mare, mais nul doute qu’elle ne fera pas de remous dans le milieu de la préhistoire humaine dont la liberté de penser se trouve bien verrouillée. Comme d’habitude, elle circulera d’une manière confidentielle, sous le manteau et, bien vite, elle sera reléguée aux oubliettes de façon à ce que ce milieu puisse continuer à ronronner dans son auto satisfecit habituel appuyé sur des convictions évolutionnistes dogmatiques qu’il n’est pas question de remettre en cause.

Il n’y a donc pas de zizanie à prévoir.

Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)

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