Lettre d'un mourant au corps médical

Par Jean-Pierre de ClerckRevue n°10Bioéthique, Témoignage
Lettre d'un mourant au corps médical

Résumé : En octobre 1998, Jean-Pierre de Clerck, chirurgien-dentiste de son état, entrait à l'hôpital avec un cancer de la prostate en phase terminale. Voici la lettre qu'il crut bon d'écrire à l'intention du corps médical hospitalier.

Docteur,

Vous voulez bien m'assister dans la phase finale de mon existence terrestre ; soyez en remercié.

J'attends de vous que vous me disiez la vérité.

Je veux le secours d'un prêtre pendant que je suis lucide. Vous voudrez bien prévenir qui de droit en temps utile, au besoin l'appeler vous-même.

Ne me volez pas ma mort. Je veux, avec la grâce de Dieu, mourir en homme et en chrétien. Je désire garder ma connaissance le plus longtemps possible et savoir que je meurs. Laissez-moi une part raisonnable de souffrance.

Ne hâtez pas ma fin par charité mais surtout, ne la prolongez pas indûment, par excès de conscience professionnelle ; pas d'acharnement thérapeutique. Qu'importent quelques heures ou quelques jours de plus, alors que vous saurez l'issue fatale. Oubliez les progrès de la science et laissez faire la nature.

Je vous fais confiance et je vous remercie de respecter ces dernières volontés, même et surtout si elles vous paraissent vacillantes à l'heure décisive : vous m'aiderez au contraire à vouloir ce que je veux vraiment.

Si vous deviez me remettre entre les mains d'autres confrères, vous voudrez bien les informer de ces vœux et consignes, au besoin veiller à leur application.

Je vous remercie. Dieu vous le rendra.

Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)

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