Nouvelle France, « crime et châtiment »

Par Christian DuchesneRevue n°109Histoire
Nouvelle France, « crime et châtiment »

Résumé : Dans cette seconde partie (esquisse de géologie divine), nous verrons que Dieu ne fait rien au hasard et que, certainement, des failles ou d'autres formations géologiques [1] sont ordonnées de telle sorte que les malheurs et les guerres futures soient limités dans leur portée [2]. Le « hasard » étant l'incognito du Seigneur, ne nous étonnons donc pas qu'il ait su nous donner de multiples signes et avertissements par Sa Création [3].

Je désire maintenant attirer votre attention, toujours à propos de l'événement survenu le 5 février 1663, à la veille du Mardi gras précédant le carême, sur la morphologie du Québec.

Étant passionné de géographie dans mon enfance, je ne pouvais qu'être admiratif de la disposition et de la forme du Québec dans l'Amérique. En effet, tout observateur peut, en regardant les cartes, constater facilement qu'il n'existe nulle part ailleurs au monde une telle morphologie.

Déjà très jeune, je m'imaginais l'Amérique du Nord tel un grand dragon (tyrannosaure) avec sa tête (le Québec) et ses pattes de devant (la Floride), sa patte arrière, le Mexique et sa queue (l'Alaska). Aujourd'hui, je redécouvre que dans la tête d'un enfant sans idées préconçues, peuvent apparaître des choses que les adultes ne peuvent voir. Je me permets donc de retourner un tant soit peu dans cette enfance innocente et libre, d'une certaine manière.

Toujours dans cet état d'esprit, un témoignage sur ce tremblement de terre du 5 février 1663 m'a fait quelque peu sursauter. Le voici :

À un jet de pierre des Éboulements se trouve l'Isle aux Coudres. On y raconte qu'en 1663, « un tremblement de terre déracina une montagne, la lança sur l'Isle aux Coudres qu'elle agrandit de moitié et à la place où était cette montagne, il parut un gouffre dont il ne fait pas bon s'approcher. » [4]

Cette île qui a inventé la douceur de vivre serait donc le résultat d'une telle violence ? Arthur Buies s'en étonne également. Il écrit :

« On dit que la langue de terre, d'un demi-mille environ, sablonneuse et montueuse, qui s'avance du rivage dans le fleuve, et au bout de laquelle se trouve le quai, a été formée également par un séisme dont le souvenir épouvante encore les gens des Éboulements [5], et dont le récit est resté une de leurs traditions. L'Isle aux Coudres [6], qui est en face, est encore l'effet, paraît-il, d'une convulsion semblable. Qui le dirait pourtant ? Cette île, avec son dos arrondi, ses rivages plats, ses champs qu'aucun rocher n'accidente, semblerait plutôt avoir été formée dans un jour de tendresse et de quiétude. Mais les tremblements de terre sont les plus trompeurs des cataclysmes. » (Chroniques de 1877).

Dans le journal Tribune Libre (sous la plume de Gérard Leduc, Ph. D.) on peut lire que M. Jacques Boivert, de la Société d'Histoire du Lac Memprémagog (et qui est aussi plongeur d'expérience), mentionne « qu'il est plus que probable que les Cantons de l'Est furent touchés par ce tremblement de terre. Par exemple, dans le Lac Memphrémagog, à une distance égale entre Newport et Magog, s'allonge une faille de 12 km de long, parfois large de plus d'un km et plongeant à plus 100 mètres de profondeur ».

Il a soulevé la question d'un tremblement de terre pour expliquer le chaos de roches géantes au fond du lac à la hauteur de Owl's head : « Je crois que l'origine du lac pourrait être bien plus récente que l'on croit, car la morphologie du fond du lac suggère qu'elle aurait pu résulter du tremblement de terre de 1663 [8]. »

Une étude géologique affirmait récemment : « Ressenti par la population sur une distance de 2,5 millions de kilomètres carrés, soit jusqu'à New-York, le séisme à l'épicentre Éboulmontais avait une magnitude évaluée à 7,8. Comme d'autres grands séismes, celui de 1663 aurait causé plusieurs glissements de terrain, dont celui sur lequel est aujourd'hui construit Saint-Joseph-de-la-Rive. Les chercheurs estiment à 6,4 millions de mètres cubes le pan de montagne qui s'est détaché ce jour-là pour choir dans le fleuve [9]. »

[Image : Fig. 2. Faille de Logan (Page 29)] Fig. 2. Faille de Logan. Partant du lac Champlain, elle sépare les Appalaches, au Nord, et la plate-forme du fleuve Saint-Laurent dont elle traverse ici le golfe, puis se prolonge au Nord-Est jusqu'à la Gaspésie. (Wikipedia)

Conclusion

Ces événements géologiques nous montrent que la vallée du Saint-Laurent est très active. L'événement de l'Isle aux Coudres montre que la faille de Logan [10] est bien placée pour provoquer à Terre-Neuve un mouvement qui pourrait créer une vague amplifiée dans cette zone, à partir de l'embouchure de la rivière Saguenay, où l'effet combiné d'entonnoir et de « piston » est le plus puissant du globe.

Pire même, un tremblement majeur de la faille de Logan (le « s » final de la faille de Logan, dans l'estuaire du Saint-Laurent à l'ouest de Terre-Neuve) pourrait même fermer le détroit entre Blanc-Sablon (au Québec) et Deadman's Cove (à Terre-Neuve) — ce qui aurait comme corollaire d'augmenter les températures dans toute la région de la Baie du Saint-Laurent...

Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)

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