Qui s'y frotte s'y pique (2e partie)
Résumé : Le Hérisson, l'Échidné, le Tenrec et le Porc-épic appartiennent tous les quatre à la Classe des Mammifères, ont tous les quatre des poils piquants sur le dos, mais ne peuvent revendiquer un ancêtre commun du fait d'autres caractéristiques physiologiques, génétiques ou tout simplement géographiques. La génétique ne peut pour sa part, même dans la perspective d'une dévolution à partir de potentialités plus larges, susciter la complexité intégrée qui s'observe en eux. Les transformistes imaginent alors une « convergence évolutive3 ». Pourquoi utiliser des acrobaties sémantiques, alors que la doctrine de la Création est si simple ? Le Concepteur divin a créé différents êtres, établissant une information génétique spécifique qui utilise des modules similaires tout en diversifiant leurs compositions.
« Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'œil nu quand on Le considère dans ses ouvrages » (Rm 1, 20)
La famille des Tenrecidés ou les Tenrecs
Tenrec ou Tanrec (ancien) peut désigner en zoologie plusieurs taxons dans la famille des Tenrecidés (en latin Tenrecidæ). En français, il correspond au nom scientifique d'un genre monospécifique de la sous-famille des Tenrecinæ, endémiques ou originaires de Madagascar : Tenrec ecaudatus ou le Tangue.
![Image : Photo d'un Echinops telfairi] Fig. 16 : Echinops telfairi.
Les Tenrecs (Tenrecidæ) sont des mammifères placentaires présents en Afrique tropicale et à Madagascar. Ces animaux de taille petite à moyenne, consommant surtout des Invertébrés, ont une variété étonnante de comportements, de physiologies et d'apparences.
Bien qu'ils puissent ressembler à des musaraignes, des hérissons, des opossums, des rats ou des souris, ils ne sont étroitement liés à aucun de ces groupes, leurs plus proches "parents" étant les musaraignes loutres2, puis d'autres mammifères insectivores africains, notamment les taupes dorées et les musaraignes éléphants. Ils occupent les milieux aquatiques, arboricoles, terrestres et fouisseurs. Les espèces les plus petites ont la taille d'une musaraigne, avec une longueur de corps d'environ 4,5 cm et ne pèsent que 5 g, tandis que la plus grande, Tenrec ecaudatus, mesure 25 à 39 cm de longueur et peut peser plus de 1 kg.
L'anus et les voies urogénitales des tenrecs partagent une ouverture commune, ou cloaque, ce qui est assez inhabituel parmi les mammifères placentaires, alors que cette caractéristique est couramment observée chez les oiseaux, les reptiles et les amphibiens. Ils ont une température corporelle basse, suffisamment basse pour ne pas avoir besoin de scrotum pour refroidir leurs spermatozoïdes comme le font la plupart des autres mammifères. Ils font partie des rares mammifères terrestres à effectuer une écholocation.
L'écholocation est un mode de repérage et de visualisation utilisé par certains animaux (dont les chauves-souris et les dauphins) lors de leurs déplacements pour localiser leurs proies et les obstacles dans leur environnement. Pour cela, ils émettent des ondes sonores, perceptibles ou non par l'oreille humaine. Celles-ci sont renvoyées lorsqu'elles se heurtent à un obstacle ou une proie puis sont enregistrées et visualisées par le cerveau de l'animal, lui fournissant ainsi une image en trois dimensions de son environnement. Le principe de l'écholocation est fondé sur l'effet Doppler. C'est cette propriété de décalage de fréquence de l'onde sonore d'un émetteur en déplacement qui est utilisée.
C'est au moyen de leurs épines que les tenrecs épineux réalisent cette écholocation.
Il existe, en effet, à Madagascar, cinq espèces de tenrecs épineux dans la sous-famille des Tenrecinæ :
- Setosus setosus et Echinops telfairi, les tenrecs hérissons, qui ressemblent de manière frappante aux « vrais » hérissons (Erinaceidæ). Comme ceux-ci, ils ont le dos recouvert d'un manteau d'épines durcies et peuvent se rouler dans une boule presque impénétrable bien que les muscles qui permettent de s'enrouler soient très différents.
![Image : Photo d'un Setifer Setosus] Fig. 17 : Setifer Setosus.
Les épines du tenrec hérisson sont plutôt courtes et robustes par rapport à celles d'espèces comme le porc-épic. Elles sont de taille uniforme sur le dos et sont relativement lisses. À la naissance, les épines sont déjà visibles et dépassent légèrement de la peau, bien qu'elles soient d'abord molles et semblables à des poils. Elles ne tombent pas facilement car les fibres du muscle sous-cutané (m. cutaneus maximus) sont insérées à leur base (cf. Fig. 9). Au niveau microscopique, le cœur de chaque épine est constitué d'une série de septa [du lat. sæptum « enceinte, clôture »], comme chez le hérisson. Cependant, à la différence de celui-ci, les septa des tenrecs-hérissons sont plus rapprochés, les parois externes des épines sont plus minces et il n'y a pas de longerons longitudinaux (cf. Fig. 7 & 15).
Si leurs épines sont certainement utilisées pour la défense, on suppose qu'elles servent à l'onction, à l'absorption des chocs mais aussi a une autre fonction : la communication. Lors des parades nuptiales et des comportements de marquage, l'Echinops bouge souvent les muscles de son corps de façon rythmique. Le frottement de ses piquants dorsolatéraux les uns contre les autres produit alors un son grave.
- Hemicentetes nigriceps et Hemicentetes semi-spinosus, les tenrecs zébrés.
Si les tenrecs sont les seuls mammifères au monde dont on sait qu'ils communiquent entre eux par le biais de sons produits par des épines, c'est chez les Hemicentetes que ce comportement est le plus développé.
![Image : Photos de Hemicentetes semispinosus] Fig. 18 a et b : Hemicentetes semispinosus.
Ceux-ci ont un « organe stridulant »3 spécial, qui est un muscle contrôlant le mouvement d'une plaque d'épines modifiées près de leur croupion. Ces épines sont élargies, dépourvues de barbillons et plus difficiles à enlever que les autres épines du corps, car elles sont profondément connectées aux muscles qui contrôlent leurs mouvements. La stridulation, c'est-à-dire le frottement des épines les unes contre les autres, produit des impulsions sonores comprises entre 2 et 200 kHz (l'homme entend généralement dans une gamme de 12 à 20 kHz). Bien qu'ils produisent également des bruits à partir de leur bouche, la stridulation semble être une forme importante de communication, car elle se produit pendant l'alimentation, les contacts sociaux, la parade nuptiale, l'exploration, le combat ou la fuite.
Leurs épines peuvent comme celles des porcs-épics (Hystrix) permettre une défense active. Une caractéristique commune de certaines épines moins lisses est la capacité unique de se détacher facilement et de s'attacher à la peau de l'ennemi. Les Hemicentetes utilisent normalement la tactique de défense frontale.
Ces tenrecs possèdent un éventail spécial de longues épines fines sur la couronne et essaient de frapper un adversaire avec leurs épines antérieures. La structure interne des épines chez les Hemicentetes est très similaire à celle des tenrecs hérissons. Cependant, contrairement à ces derniers, les racines des épines sont placées dans des gaines de tissu conjonctif spéciales ; à leurs bases sont attachés de simples mm. arrectores pilorum isolés. En relation avec la fonction défensive principale des épines antérieures chez les Hemicentetes, leur muscle facial frontalis est considérablement élargi et facilite la mobilité de la partie frontale de la carapace épineuse. En revanche, la structure musculaire sous-cutanée n'est pas modifiée et est très similaire au type initial du muscle cutané maximus, qui a été trouvé chez d'autres mammifères à peau dépourvue d'épines (Microgale, Hilomys, Echinosorex). Ces derniers ont la structure monocouche la plus simple du muscle cutané maximus.
![Image : Squelette d'Hemicentetes semispinosus] Fig. 19 : Squelette d'Hemicentetes semispinosus.
- Tenrec ecaudatus ou le Tangue, le tenrec commun ou sans queue. C'est le plus gros représentant de sa famille. Il est également considéré comme un des mammifères les plus féconds du monde avec des portées d'une trentaine de jeunes observées en captivité.
![Image : Photo de Tenrec ecaudatus] Fig. 20 : Tenrec ecaudatus.
![Image : Épine de Tenrec ecaudatus] Fig. 21 : Épine de Tenrec ecaudatus.
Il a une structure similaire à l'organe de stridulation de l'Hemicentetes, bien qu'elle ne soit présente que chez les jeunes. Chez le Tangue, les épines des juvéniles sont progressivement perdues pour laisser place à une fourrure plus douce chez les adultes. Celles de l'organe de stridulation sont remplacées en dernier.
La stridulation n'est pas aussi active que chez l'Hemicentetes. Le Tangue ne fait vibrer ses épines que lorsqu'il est effrayé, souvent en conjonction avec l'érection de piquants sur son cou et son dos, et le son qu'il produit se situe dans une gamme de fréquences réduite (12 à 15 kHz). Chez les adultes, même après la disparition de l'organe de stridulation, la fourrure de cette zone du dos vibre rapidement lorsque les individus sont menacés ou effrayés.
Comme pour les hérissons, les mm. arrectores des tenrecs sont bien développés et se composent de quelques portions reliant les bulbes de plusieurs épines dans des complexes spéciaux, leur structure étant très similaire dans les deux groupes. Cependant, chez les tenrecs, les fibres des muscles sous-cutanés (m. cutaneus maximus) sont insérées dans les bases des épines. Les épines ne tombent alors pas facilement. Les muscles sous-cutanés striés sont responsables de leurs mouvements rapides (cf. Fig. 9).
Les porcs-épics
De tous les mammifères épineux, les porcs-épics sont peut-être les plus intimidants ! Leurs dos et leurs flancs sont recouverts de véritables piquants, qu'ils dressent et déploient si des prédateurs s'approchent trop près d'eux. Cet animal fait partie de l'Ordre des Rongeurs. On distingue deux types de porcs-épics, très différents, n'appartenant pas à la même famille et vivant dans des régions très distinctes : le porc-épic de l'Ancien Monde et le porc-épic du Nouveau Monde.
![Image : Hystrix indica] Fig. 22 : Hystrix indica.
Essentiellement terrestres, les premiers porcs-épics, de la famille des Hystricidés, peuplent les forêts, les steppes et les déserts d'Afrique ou d'Asie ainsi que le sud de l'Italie où ils ont été introduits au Moyen Âge.
On distingue deux formes :
- Les Hystricinés qui peuvent mesurer 70 cm et peser 30 kg. Leur courte queue est entourée d'épines armées à leur extrémité de capsules creuses de 5 à 8 cm de long appelées « piquants de crécelle » qui, comme leur nom l'indique, produisent un bruit de crécelle lorsqu'on les fait vibrer. Ils utilisent l'aposématisme acoustique. Le bruit de la queue à lui seul semble dissuader la plupart des prédateurs solitaires, qui ont probablement appris à associer le bruit de la queue à la douleur. Contrairement aux porcs-épics du Nouveau Monde, les piquants des porcs-épics de l'Ancien Monde ne sont pas barbelés, bien qu'ils soient encore très pointus et capables de pénétrer dans la chair. Ils portent une crinière sur le cou et le dessus du dos ; leurs flancs sont couverts de piquants (poils modifiés) noirs et blancs, pouvant atteindre 50 cm de longueur.
- Les Athérures, plus petits et moins gros, ont un corps plus allongé avec de courtes pattes. Leur longue queue est terminée par une touffe de poils raides et creux, qui peuvent eux aussi produire un cliquetis en cas de danger.
![Image : Atherurus macrourus] Fig. 23 : Atherurus macrourus.
Ils vivent pour la plupart en petits groupes familiaux (de six à huit individus). Nocturnes et fouisseurs, ils se réfugient le jour dans de profonds terriers. Ils se nourrissent de baies, de racines et de bulbes ainsi que de pommes de terre ou de maïs quand ils peuvent envahir les cultures. Ils rongent aussi beaucoup d'os de cadavres, ce qui leur apporte des sels minéraux.
Les femelles peuvent avoir jusqu'à trois portées par an. L'accouplement est délicat et précédé d'une longue parade. Après un temps de gestation de trois mois à trois mois et demi suivant les espèces, un ou deux petits naissent bien formés, les yeux ouverts et le corps recouvert de piquants mous qui vont durcir dans les heures suivant la mise bas. Ils seront allaités durant quatre mois.
Tout intrus ou possible prédateur (léopard ou lion) est vivement agressé. Après tintement de la queue, ébouriffements des piquants et grognements prononcés, le porc-épic fonce sur l'ennemi en marche arrière plantant ainsi ses épines dans le corps de son adversaire. Ces piquants peuvent provoquer des infections avant de tomber. Ce système original de défense a permis à ces rongeurs de ne pas être en danger d'extinction.
Les seconds Porcs-épics, ceux du Nouveau Monde, appartiennent à la famille des Éréthizontidés. Leur espérance de vie est de l'ordre de quinze à dix-huit ans. La plus grosse espèce s'appelle Ourson coquau, ou Erethizon dorsatum : 80 cm, 15 kg.
![Image : Ourson coquau] Fig. 24 : Ourson coquau, ou Erethizon dorsatum.
Essentiellement arboricoles, les Éréthizontidés vivent principalement dans les forêts, les prairies et parfois dans les déserts de l'Amérique du Nord, de l'Amérique centrale et du nord de l'Amérique du Sud. Ils se distinguent par la présence d'une longue queue qui peut, chez certaines espèces, être préhensile (coendou, porc-épic à fourrure).
Ils vivent en solitaires non loin les uns des autres, communiquant par divers gémissements ou reniflements. Ils sont myopes, mais possèdent un bon odorat et une bonne mémoire des lieux. Nocturnes, lents et patauds, ils grimpent aux arbres pour se nourrir d'écorces, de ramilles, de feuilles et de bourgeons. Au printemps, ils consomment de l'herbe et même des plantes cultivées. Ils peuvent, accessoirement, se nourrir de batraciens et d'insectes.
Après une période de gestation de sept mois, un seul petit naît. Dès les premiers jours, il sait déjà grimper aux arbres et suit sa mère qui va l'allaiter pendant deux mois. Il commence parallèlement à grignoter des écorces d'arbres.
Il passe beaucoup de temps dans les arbres, son sens de l'équilibre et ses longues griffes en font un excellent grimpeur. Il possède 30 000 piquants qui sont susceptibles de se planter dans la peau d'un adversaire ; mais le porc-épic d'Amérique préfère éviter l'affrontement en claquant des dents et en émettant une odeur âcre issue d'une glande sous-caudale.
Comme les porcs-épics de l'Ancien Monde, ils peuvent être confondus, du fait de leur allure, avec les hérissons qui sont des Insectivores. Ils possèdent un corps ramassé avec de courtes pattes munies de longues griffes. Leurs piquants sont bruns ou blancs et noirs suivant les espèces.
Du fait de leur excellente adaptation et de leur étonnant moyen de défense, ils sont, pour plusieurs espèces, très nombreux et peuvent, en s'attaquant aux cultures, devenir une véritable nuisance. En dehors des petits carnivores (la martre par exemple) qui les attaquent en les mordant sous le ventre, zone dépourvue de piquants, leur population est régulée par l'homme.
Les porcs-épics de l'Ancien Monde ont de courtes épines aplaties ou des soies sur la tête, le cou, les pieds et le ventre, tandis que le dessous des porcs-épics du Nouveau Monde est recouvert d'une fourrure beaucoup plus douce. Tous les bébés porcs-épics naissent avec leurs piquants, mais ceux-ci sont trop petits et trop souples pour être très efficaces contre les prédateurs avant que le porc-épic n'ait atteint un âge de plusieurs mois. Les piquants sont faiblement enracinés et se détachent donc facilement lorsqu'ils sont plantés dans un attaquant ou lorsque le porc-épic secoue son corps.
Les porcs-épics (Hystrix), contrairement aux tenrecs Hemicentetes, utilisent la tactique de défense postérieure ou caudale.
S'ils sont alarmés et acculés, ils se détournent de l'adversaire, dressent leurs piquants et les dispersent au moyen d'un mouvement rapide de la queue. Les grands piquants de ces animaux sont caractérisés par une structure interne plus complexe : elle est remplie d'un tissu spongieux spécial et divisée par des cloisons radiales faiblement développées (cf. Fig. 15). Une telle structure de piquant semble être optimale pour frapper, mais pas pour supporter un long « siège » comme dans le cas d'une défense passive.
![Image : Porc-épic attaquant un léopard] Fig. 25 : Hystrix indica attaquant un léopard aventureux.
Le mécanisme de mobilité des piquants chez Hystrix indica est le résultat de l'action combinée des muscles lisses bien développés dans le tégument et des muscles sous-cutanés (cf. Fig. 9). Les mm. arrectores sont joints en groupes linéaires correspondant à la disposition des piquants le long du dos. Leur contraction entraîne l'érection des piquants séparés, tandis que l'élévation simultanée de tous les groupes linéaires de piquants à l'arrière du dos est réalisée par les muscles sous-cutanés. Ces derniers sont bien développés – contrairement à ceux des Hemicentetes – et sont différenciés en deux couches.
![Image : Piquant d'un Erethizon dorsatum] Fig. 26 : Une vue grossie 150 fois sur le piquant d'un Erethizon dorsatum, montrant des barbes orientées vers l'arrière sur la pointe.
Les piquants des porcs-épics du Nouveau Monde sont des armes si redoutables et si efficaces qu'ils ont même tué des prédateurs potentiels tels que des chiens et des renards. La raison pour laquelle ces piquants sont si dangereux devient évidente au niveau microscopique. Les pointes de chaque piquant sont incroyablement acérées et capables de percer la peau plus facilement qu'une aiguille hypodermique de calibre 18 (à peu près de la même taille que le piquant).
Une fois qu'un piquant a pénétré dans la peau, ses barbes microscopiques tournées vers l'arrière l'empêchent d'être retiré sans causer une douleur importante et des dommages aux tissus environnants. Pour ne rien arranger, la pointe du piquant se casse facilement et reste dans l'attaquant, ce qui lui permet de s'enfoncer de plus en plus profondément dans la peau à chaque contraction ou mouvement musculaire.
Les prédateurs gardent souvent leurs distances, car les porcs-épics utilisent toute une série de signaux aposématiques4 [du gr. aposêmaïnô, « anncer par des signes »], c'est-à-dire qu'ils avertissent leurs ennemis qu'ils ne doivent pas s'approcher. Les piquants, en particulier ceux de la crête et de la croupe, peuvent être dressés en un spectacle intimidant et épineux par des mouvements de « tourbillon » ou d'éventail. La coloration noire et blanche très contrastée des piquants, qui est complètement développée chez les porcs-épics du Nouveau Monde à l'âge de trois mois, peut également constituer un signe d'avertissement visuel pour leurs prédateurs nocturnes et souvent daltoniens.
Il a été souvent relaté que les Éréthizontidés tombent des arbres, forçant probablement leurs propres piquants à pénétrer dans leur peau. Comment se protègent-ils alors contre les blessures causées par leurs propres piquants ? L'automutilation semble être limitée grâce aux antibiotiques naturels contenus dans leur organisme. Ces animaux seraient, en effet, enduits d'acides gras provenant de sécrétions exocrines qui empêchent la croissance bactérienne, probablement pour prévenir les infections dues à des blessures auto-infligées.
Il semble intéressant, avant de conclure, d'évoquer les épines d'autres Rongeurs. Les épines des autres familles de rongeurs (Muridæ comme Acomys cahirinus, et Echimyidæ comme Hoplomys gymnurus) sont relativement inefficaces pour repousser les attaquants.
![Image : Acomys caprines] Fig. 27 : Acomys caprines.
![Image : Hoplomys gymnurus] Fig. 28 : Hoplomys gymnurus.
La structure des épines des rongeurs Échimyidés n'est pas ronde, mais aplatie et facilement pliable, et ces épines sont rarement colorées de manière aposématique.
Les épines fournissent probablement une certaine protection, bien que minime, en servant d'armure passive. Puisque ces Rongeurs restent la proie de serpents, d'oiseaux et d'autres mammifères - qui ne semblent pas être découragés par celles-ci -, il a été émis l'hypothèse que les épines serviraient de protection contre la pluie. En effet, le rat cuirassé (Hoplomys gymnurus), qui possède les épines les plus grandes et les mieux développées parmi les rongeurs Échimyidés, est abondant dans les forêts très humides des basses terres de la région néotropicale d'Amérique latine. La thermorégulation étant très importante pour les petits mammifères, qui peuvent perdre rapidement leur chaleur corporelle, les épines pourraient être essentielles pour garder ces espèces au sec et au chaud.
Quant aux gymnures (Galericinæ) qui forment une sous-famille de « hérissons d'Asie », dépourvus de piquants, de la famille des Erinaceidæ, leur morphologie permet de constater que les classifications ont un caractère très relatif ; y voir une filiation physique constitue une supposition qui ne peut se fonder suffisamment sur la réalité.
![Image : Echinosorex gymnura moonrat] Fig. 27 : Echinosorex gymnura moonrat. (source ouverte : Ecology Asia)
![Image : Hylomys] Fig. 28 : Hylomys
Conclusion
Au début de cet article, nous nous proposions d'étudier quatre mammifères dont les épines ou piquants constituaient une similarité. Les similarités ne sont-elles pas la marque d'une Conception par un même Créateur qui a réutilisé les mêmes structures, les mêmes formes ou les mêmes solutions en les déclinant dans différents modèles ? Est-il plus raisonnable d'affirmer que ces épines ou piquants seraient apparus quatre fois en parallèle chez des mammifères, via un processus évolutif aveugle et chaotique guidé par le hasard et les aléas de la sélection, ou bien d'estimer qu'un unique Concepteur a inventé toutes ces différentes épines, puis les a déclinées de mille manières ?
C'est la seconde branche de cette alternative qui a tout lieu d'être la bonne. De nombreuses différences et particularités ont été évoquées : formation et structure des épines ; organisation des muscles et du squelette ; localisation géographique ; mode de vie et alimentation ; portées, gestation et allaitement ; alimentation ; sans compter les originalités propres à certaines espèces. Comme aucune filiation ne peut faire l'impasse sur une « continuité génétique » et que les mutations produisent la dégénérescence, et vu le désordre qui augmente constamment au fil du temps sans l'intervention d'un être intelligent, il faut sans crainte revenir à la doctrine classique de la Création et rester dans le respect, l'émerveillement et l'admiration pour tous les dons de Dieu.
Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)
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