Une mère craint qu'un homme du Queensland puisse être le père de 1 000 enfants
Résumé : Une mère lesbienne dans l'État du Queensland, en Australie, a découvert que le donneur de sperme anonyme, qui est le père biologique de ses cinq enfants, était un « super donneur » qui pourrait avoir au moins 1 000 descendants. Elle est terrifiée à l'idée qu'un fils ou une fille puisse s'unir sans le savoir à sa demi-sœur ou son demi-frère. Elle se dit « anéantie » par ces chiffres, et se sent « coupable » à l'idée que ses enfants puissent rencontrer des demi-frères et demi-sœurs dans le voisinage et en tomber amoureux. Elle craint « l'inceste ». Tout cela est très bien mais à vivre n'importe comment, on débouche sur n'importe quoi. Qu'elle se sente « anéantie » et « coupable » exprime un repentir tardif, malheureusement sans effet rétroactif sur la vie de ses enfants.
Le ministre de la santé a ordonné une enquête dans toutes les cliniques spécialisées de l'État. Shannon Ashton, la mère dont les recherches opiniâtres ont déclenché une enquête officielle, explique que la situation est terrifiante. « Je me sens physiquement malade en pensant que, pour le reste de leurs jours, mes enfants devront lutter pour éviter l'inceste a-t-elle déclaré au Courier-Mail : ils devront vérifier l'ascendant de tous ceux vers lesquels ils se sentiront attirés. »
Mme Ashton et deux autres mères ont déposé une plainte auprès du médiateur de la Santé. Il n'existe pas de loi spécifique régulant les cliniques de FIV au Queensland. Les cliniques élaborent leurs propres directives et certaines permettent encore à un donneur d'« aider » jusqu'à dix familles.
Dans son cas, elle s'était adressée à une banque de sperme du Queensland pour chacune de ces cinq grossesses. Et comme elle était satisfaite du donneur, elle l'a gardé : la petite famille n'est pas seulement de la même mère, mais du même père. Or c'était un « donneur en série » qui a rempli la banque de sa semence.
Madame Ashton a utilisé les lois sur le droit à l'information pour accéder aux archives du groupement des cliniques de fertilité du Queensland. Elle a découvert, horrifiée, que son donneur de sperme, le numéro 188, avait contribué 239 fois en quatre années. « On voit clairement que le numéro 188 a donné 239 fois en seulement quatre ans et l'on peut tirer plusieurs doses d'insémination à partir de chaque prélèvement. » Madame Ashton explique : « Les documents montrent que son échantillon alimentait quatre ampoules, mais dans certains cas un don pouvait être divisé jusqu'à 16 fois. Même en prenant l'estimation inférieure, le donneur de mes enfants serait le père de 956 enfants et sans doute de plus de 1000. »
« Ces chiffres m'ont anéantie, dit-elle. Je me sens si coupable... Je ne l'aurais jamais réutilisé si j'avais su ce qui se passait. Ce n'est pas la faute du donneur, mais je n'ai pas compris le procédé. Ne vous méprenez pas ; je me considère heureuse d'être mère, dit Madame Ashton. Ce point n'est pas en cause. Ce qui est en cause, c'est la tromperie et les mauvaises représentations concernant les donneurs de sperme, et l'usage qui en est fait. »
Les droits et les besoins des êtres humains qui ont été produits devraient toujours rester intangibles [2]. Au début des années 2000, beaucoup de donneurs de sperme choisissaient de ne pas donner à une femme seule ou à une lesbienne, et on s'arrachait ceux qui l'acceptaient.
« Qu'est-il arrivé aux directives éthiques de 1997 sur la famille ? Si j'avais su que mon donneur allait être massivement exploité, je ne l'aurais certainement jamais utilisé ! »
Le groupe des cliniques de fertilité du Queensland appartient à Virtus Health, un géant de la fécondation in vitro (FIV) possédant 43 cliniques et 63 laboratoires dans cinq pays : Australie, Singapour, Irlande, Angleterre et Danemark. Virtus vient d'être racheté par une société d'investissement privée, BGH Capital.
Cet article est publié par le Centre d'Études et de Prospective (CEP)
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